neige et glace

lundi 6 avril 2026

Tour de la Meije amélioré en 2 jours.


  
 Quand je propose à Antoine de faire le tour de la Meije, je suis sûr que ça va le botter. Après la traversée partagée cet été, la boucle sera bouclée.
 

Mais pour un habitué de la Pierra-Menta, il va falloir améliorer un peu l'itinéraire. Et c'est ça que j'aime bien avec lui.
 

Lundi matin, il reste de la place au Promontoire. Je me laisse encore la journée pour avoir la dernière météo du samedi, qui est incertaine.
Et lundi soir, je ne suis pas seul à avoir eu l'idée, le refuge est complet. Shit, j'avais d'autres idées, mais ce tour de la Meije en 2 jours me branchait bien.


L'avantage de faire la boucle en 2 jours, c'est qu'on a deux possibilités de refuges. Il reste de la place à Adèle Planchard, c'est parfait.


Reste plus qu'à trouver de quoi s'occuper pour cette première journée. Le gardien m'informe que les alentours du refuge ont été beaucoup soufflé. 


On oublie la Grande Ruine pour aller voir sur l'autre versant si la neige est meilleure. En topotant, je découvre qu'au départ de Villard d'Arène, on peut boucler par le col du Clot des Cavales avant de remonter au col de la Casse Déserte.


Ça fait une belle première journée (D+2800) pour rejoindre Adèle Planchard. La neige n'est pas meilleure côté Vénéon mais on a vu du pays.



Pour cette deuxième et dernière étape, on reste sur l'itinéraire classique mais en doublant l'étape classique. Avec l'idée de ne pas monter trop tard à la brèche de la Meije pour éviter le coup de chaud et de ne pas descendre trop tard le glacier de l'Homme pour la sécu.


Ce sera donc réveil à 4h30. L'avantage d'être passé hier, c'est que le passage du col des Neiges et de la Casse Déserte déroule bien. Ça a bien changé depuis mon dernier passage il y a 13 ans. Maintenant il faut mettre les skis sur le sac, crampons aux pieds et désescalader. 


On ne regrette pas le réveil quand on remonte le vallon du Vénéon encore dans l'ombre. 


La face Sud de la Meije au soleil nous rappelle cette belle bambée de l'été dernier.


Le Serret du savon a lui aussi mal vieilli. Depuis quelques années, le bas du couloir nécessite selon les années quelques pas de glace ou de mixte. 


Cette année, c'est 7-8m de glace. Moins difficile qu'imaginé mais ça peut impressionner si on n'a jamais fait de glace. 


Merci les guides pour l'équipement à demeure.


Après avoir fait la descente du refuge de l'Aigle à pied, celle à ski par le glacier de l'Homme est appréciée. 


Et comme on a bien déroulé, c'est encore l'heure pour s'envoyer un bon burger à la Grave. Totalement refait face à la Meije, en se disant qu'on était là-haut quelques heures plus tôt.





 
 
 
 

mercredi 25 mars 2026

Grand Veymont et Agnellerie


 
 
C'est après avoir pris un but au couloir SE de la petite Moucherolle qu'avec Thibaut, on se rabat sur l'Agnellerie au départ de Gresse.
  
  
 
Après 11 années à Grenoble et maintenant à Vif depuis 4 ans, c'était pour moi une première dans le secteur. À part les Sultanes, j'avoue que je snobais un peu le ski dans le Vercors. Dénivelés trop courts, faible altitude, moins de possibilités et d'orientations disponibles.
Rien à envier à Belledonne, mon massif préféré pour le skimo.
 

Ce qui était à la base un plan B; s'est révélé intéressant sur plusieurs points.
Départ skis aux pieds et possibilité de rejoindre les pistes pour la descente. Partie forestière assez courte et efficace.
Et maintenant que la saison de nordique est terminée, ça colle bien avec mes créneaux à la demi-journée. L'orientation est globalement adaptée au matin.
Pour finir, la vue sur la barrière Est enneigée ne laisse pas indifférent.


Et l'avantage d'y avoir jamais mis les pieds, c'est que tout est nouveau pour moi.
 

C'est ainsi que j'y retourne avec Marion la semaine dernière pour skier un deuxième couloir à l'Agnellerie repéré lors de notre premier passage avec Thibaut et plus orienté  SE.
 

Et puis à force de tourner autour, c'est au Grand Veymont que nous montons aujourd'hui.
 

Enchaîner une face Ouest puis une face Est à la descente, c'est pas idéal pour skier de la moquette. On visera plutôt une neige froide après la chute de neige de dimanche.


En topotant, je découvre l'existence de plusieurs couloirs de sortie de la face W. En plus du SW décrit sur skitour, C2C en décrit un W et un NW.
Ce dernier nous assurera quelques virages poudreux et surtout un retour plus rapide au Pas de Ville.


En bonus de cette belle matinée, on skiera un des couloirs Nord de l'Agnellerie. Décidément, cette petite bosse de neige à l'ombre du grand Veymont n'a pas fini de nous surprendre.

 
 
 
 
 
 

mardi 10 mars 2026

Maxi couronne de Tioulévé

 

Ça fait un moment que j'avais repéré ce topo de la grande couronne de Tioulévé.

Le tour est décrit comme d'une logique implacable visitant les deux sommets jumeaux du secteur (Grand Arc et Bellacha) par les 2 plus belles faces du massif. Première descente Est, deuxième Ouest, c'est idéal pour skier de la transfo.


Alors quand je vois un CR en début de semaine vantant la moquette lisse en face Est du grand Arc, je repense directement à la grande couronne de Tioulévé.

En relisant le topo, je découvre une variante décrite comme la maxi couronne de Tioulévé. Après Bellacha, on bascule côté Est pour remonter à la pointe de Combe Bronsin avant de finir aux Marmottes Noires. Une sacrée boucle à plus de 3000D+...
Why not ? On verra à Bellacha, la forme, les conditions et l'horaire.

La première montée au grand Arc déroule bien. Neige regelée au dessus de la forêt, bonne trace, parfait pour commencer la journée de façon efficace.


Il y avait une incertitude sur la transformation de la face Est avec tout ce sable dans le ciel mais finalement, c'est bien décaillé. Du bon ski, peu de traces, la journée démarre bien.


J'avais un doute sur la remontée à Bellacha par l'arête NW. Le topo parle de plusieurs passage alpins. La bartasse commencera sous le col de Basmont avant même de rejoindre l'arête. La neige qui avait peu regelé dans la forêt est maintenant franchement molle, ajoutez à ça la pente et les arbres, on est content d'arriver au col.
La suite n'a pas l'air roulante non plus, ce n'est pas tracé bien sûr et surtout l'orientation NW fait que la neige n'est pas transformée.


On met rapidement les skis sur le sac et c'est finalement en suivant les nombreuses traces de chamois présentes dans le secteur qu'on brasse le moins. 


Après, 600D+ en crampons, nous arrivons à Bellacha bien essorés.


Du sommet, le grand Arc paraît loin.
Comme il nous reste un peu de jus, on se décide à continuer vers la Pointe de Combe Bronsin. La pente Sud sous le col de l'homme est encore bonne à skier. Ça fait du bien de descendre, comme ça fait du bien de retrouver une bonne trace qui remonte vers notre 3ème sommet du jour. Les jambes sont lourdes mais c'est tellement moins fatiguant.


Les skis sont raccrochés sur le sac pour gravir le couloir NE qui nous amène directement au sommet. De là, le grand Arc paraît encore plus loin.


A la bascule, c'est la bonne surprise, il reste de la frisette dans cette combe NW. Après 3000D+, je vois peu l'intérêt de traverser à flan pour remonter au pas de la Mule, rebasculer de l'autre côté pour rejoindre la pointe des Marmottes Noires par une pente SE sûrement trop molle.

Profitons plutôt de cette neige froide inattendue. Avant un final d'anthologie qui finit de nous casser les jambes dans une soupe bien épaisse puis carrément dans une énorme coulée.

Une sacrée boucle, bien sauvage, du bon ski. 3 sommets et 3 personnes croisées dans la journée. C'est tout ce que j'aime dans le ski de rando.

Merci Thibaud d'avoir accepté cette drôle de proposition.