jeudi 9 avril 2026

Tour du Grand Replomb

 J'adore skier dans Belledonne et j'ai d'ailleurs pas mal parcouru le massif (44 articles de ski sur ce blog).

Mais j'ai du mal à trouver des nouveaux itinéraires ces dernières années.
Un peu par manque de temps, mais aussi de motivation à creuser les topos et lire des compte-rendus (souvent trop longs) sur Skitour.


Du coup, lorsque je vois la proposition de Pierre pour faire le tour du Grand Replomb, ça me motive immédiatement à découvrir un nouveau secteur.

Dans la montée au lac de Crop, je me rappelle pourquoi j'ai peu fréquenté le coin. C'est quand même pas très roulant, voire un peu chiant comme accès. Heureusement, un skieur solitaire nous fait la trace jusqu'au dessus du lac avant de bifurquer vers les couloirs Est du Grand Replomb.

 
Arrivés au col de la Mine de Fer, j'ai le sourire. Devant nous, le vallon qui descend au refuge Jean Collet est vierge. Et à partir de là, ça sera la découverte.


À la lecture du BRA, on partait sans conviction sur l'état de la neige après une semaine très ventée. Finalement, c'est bien meilleur qu'espéré et la poudreuse d'avril est appréciée.

Pour continuer dans l'inconnu, nous remontons au célèbre passage de Jas Mouton. La présence de chamois est un bon indicateur de l'absence d'humains.


Vallon vierge et neige froide, la bascule en Nord tient ses promesses. Après cette belle descente, tout le monde a le sourire. Il reste encore 400D+ à tracer pour remonter à Orionde et retrouver la foule.

Conditions inespérées, découverte de nouveaux vallons et seuls une bonne partie de la sortie, tous les ingrédients pour une sacrée journée !








lundi 6 avril 2026

Tour de la Meije amélioré en 2 jours.


  
 Quand je propose à Antoine de faire le tour de la Meije, je suis sûr que ça va le botter. Après la traversée partagée cet été, la boucle sera bouclée.
 

Mais pour un habitué de la Pierra-Menta, il va falloir améliorer un peu l'itinéraire. Et c'est ça que j'aime bien avec lui.
 

Lundi matin, il reste de la place au Promontoire. Je me laisse encore la journée pour avoir la dernière météo du samedi, qui est incertaine.
Et lundi soir, je ne suis pas seul à avoir eu l'idée, le refuge est complet. Shit, j'avais d'autres idées, mais ce tour de la Meije en 2 jours me branchait bien.


L'avantage de faire la boucle en 2 jours, c'est qu'on a deux possibilités de refuges. Il reste de la place à Adèle Planchard, c'est parfait.


Reste plus qu'à trouver de quoi s'occuper pour cette première journée. Le gardien m'informe que les alentours du refuge ont été beaucoup soufflé. 


On oublie la Grande Ruine pour aller voir sur l'autre versant si la neige est meilleure. En topotant, je découvre qu'au départ de Villard d'Arène, on peut boucler par le col du Clot des Cavales avant de remonter au col de la Casse Déserte.


Ça fait une belle première journée (D+2800) pour rejoindre Adèle Planchard. La neige n'est pas meilleure côté Vénéon mais on a vu du pays.



Pour cette deuxième et dernière étape, on reste sur l'itinéraire classique mais en doublant l'étape classique. Avec l'idée de ne pas monter trop tard à la brèche de la Meije pour éviter le coup de chaud et de ne pas descendre trop tard le glacier de l'Homme pour la sécu.


Ce sera donc réveil à 4h30. L'avantage d'être passé hier, c'est que le passage du col des Neiges et de la Casse Déserte déroule bien. Ça a bien changé depuis mon dernier passage il y a 13 ans. Maintenant il faut mettre les skis sur le sac, crampons aux pieds et désescalader. 


On ne regrette pas le réveil quand on remonte le vallon du Vénéon encore dans l'ombre. 


La face Sud de la Meije au soleil nous rappelle cette belle bambée de l'été dernier.


Le Serret du savon a lui aussi mal vieilli. Depuis quelques années, le bas du couloir nécessite selon les années quelques pas de glace ou de mixte. 


Cette année, c'est 7-8m de glace. Moins difficile qu'imaginé mais ça peut impressionner si on n'a jamais fait de glace. 


Merci les guides pour l'équipement à demeure.


Après avoir fait la descente du refuge de l'Aigle à pied, celle à ski par le glacier de l'Homme est appréciée. 


Et comme on a bien déroulé, c'est encore l'heure pour s'envoyer un bon burger à la Grave. Totalement refait face à la Meije, en se disant qu'on était là-haut quelques heures plus tôt.





 
 
 
 

mercredi 25 mars 2026

Grand Veymont et Agnellerie


 
 
C'est après avoir pris un but au couloir SE de la petite Moucherolle qu'avec Thibaut, on se rabat sur l'Agnellerie au départ de Gresse.
  
  
 
Après 11 années à Grenoble et maintenant à Vif depuis 4 ans, c'était pour moi une première dans le secteur. À part les Sultanes, j'avoue que je snobais un peu le ski dans le Vercors. Dénivelés trop courts, faible altitude, moins de possibilités et d'orientations disponibles.
Rien à envier à Belledonne, mon massif préféré pour le skimo.
 

Ce qui était à la base un plan B; s'est révélé intéressant sur plusieurs points.
Départ skis aux pieds et possibilité de rejoindre les pistes pour la descente. Partie forestière assez courte et efficace.
Et maintenant que la saison de nordique est terminée, ça colle bien avec mes créneaux à la demi-journée. L'orientation est globalement adaptée au matin.
Pour finir, la vue sur la barrière Est enneigée ne laisse pas indifférent.


Et l'avantage d'y avoir jamais mis les pieds, c'est que tout est nouveau pour moi.
 

C'est ainsi que j'y retourne avec Marion la semaine dernière pour skier un deuxième couloir à l'Agnellerie repéré lors de notre premier passage avec Thibaut et plus orienté  SE.
 

Et puis à force de tourner autour, c'est au Grand Veymont que nous montons aujourd'hui.
 

Enchaîner une face Ouest puis une face Est à la descente, c'est pas idéal pour skier de la moquette. On visera plutôt une neige froide après la chute de neige de dimanche.


En topotant, je découvre l'existence de plusieurs couloirs de sortie de la face W. En plus du SW décrit sur skitour, C2C en décrit un W et un NW.
Ce dernier nous assurera quelques virages poudreux et surtout un retour plus rapide au Pas de Ville.


En bonus de cette belle matinée, on skiera un des couloirs Nord de l'Agnellerie. Décidément, cette petite bosse de neige à l'ombre du grand Veymont n'a pas fini de nous surprendre.

 
 
 
 
 
 

mardi 10 mars 2026

Maxi couronne de Tioulévé

 

Ça fait un moment que j'avais repéré ce topo de la grande couronne de Tioulévé.

Le tour est décrit comme d'une logique implacable visitant les deux sommets jumeaux du secteur (Grand Arc et Bellacha) par les 2 plus belles faces du massif. Première descente Est, deuxième Ouest, c'est idéal pour skier de la transfo.


Alors quand je vois un CR en début de semaine vantant la moquette lisse en face Est du grand Arc, je repense directement à la grande couronne de Tioulévé.

En relisant le topo, je découvre une variante décrite comme la maxi couronne de Tioulévé. Après Bellacha, on bascule côté Est pour remonter à la pointe de Combe Bronsin avant de finir aux Marmottes Noires. Une sacrée boucle à plus de 3000D+...
Why not ? On verra à Bellacha, la forme, les conditions et l'horaire.

La première montée au grand Arc déroule bien. Neige regelée au dessus de la forêt, bonne trace, parfait pour commencer la journée de façon efficace.


Il y avait une incertitude sur la transformation de la face Est avec tout ce sable dans le ciel mais finalement, c'est bien décaillé. Du bon ski, peu de traces, la journée démarre bien.


J'avais un doute sur la remontée à Bellacha par l'arête NW. Le topo parle de plusieurs passage alpins. La bartasse commencera sous le col de Basmont avant même de rejoindre l'arête. La neige qui avait peu regelé dans la forêt est maintenant franchement molle, ajoutez à ça la pente et les arbres, on est content d'arriver au col.
La suite n'a pas l'air roulante non plus, ce n'est pas tracé bien sûr et surtout l'orientation NW fait que la neige n'est pas transformée.


On met rapidement les skis sur le sac et c'est finalement en suivant les nombreuses traces de chamois présentes dans le secteur qu'on brasse le moins. 


Après, 600D+ en crampons, nous arrivons à Bellacha bien essorés.


Du sommet, le grand Arc paraît loin.
Comme il nous reste un peu de jus, on se décide à continuer vers la Pointe de Combe Bronsin. La pente Sud sous le col de l'homme est encore bonne à skier. Ça fait du bien de descendre, comme ça fait du bien de retrouver une bonne trace qui remonte vers notre 3ème sommet du jour. Les jambes sont lourdes mais c'est tellement moins fatiguant.


Les skis sont raccrochés sur le sac pour gravir le couloir NE qui nous amène directement au sommet. De là, le grand Arc paraît encore plus loin.


A la bascule, c'est la bonne surprise, il reste de la frisette dans cette combe NW. Après 3000D+, je vois peu l'intérêt de traverser à flan pour remonter au pas de la Mule, rebasculer de l'autre côté pour rejoindre la pointe des Marmottes Noires par une pente SE sûrement trop molle.

Profitons plutôt de cette neige froide inattendue. Avant un final d'anthologie qui finit de nous casser les jambes dans une soupe bien épaisse puis carrément dans une énorme coulée.

Une sacrée boucle, bien sauvage, du bon ski. 3 sommets et 3 personnes croisées dans la journée. C'est tout ce que j'aime dans le ski de rando.

Merci Thibaud d'avoir accepté cette drôle de proposition.



 
 

mardi 1 juillet 2025

Traversée de l'Olan

 


2000D+ et 1000D-, c'est le tarif pour monter au refuge de Font Turbat via le col Turbat depuis le Valgau, puis aller reconnaître l'attaque du lendemain jusqu'au lac des Pissoux.
Bien lesté, avec du hors sentier et une descente pas très roulante, cette première journée donne le ton du week-end.
J'ai connu des après-midis au refuge plus reposantes. 




La bière dans un transat au pied de la mythique face NO de l'Olan est largement méritée.
C'est vendredi et les nouveaux gardiens ne sont pas débordés. Ça sera l'occasion de passer un bon moment ensemble à table en terrasse. La montagne surpeuplée en 2025 ? Pas dans cette vallée à priori.
Un petit génépy ? Merci mais non merci, on va le regretter demain quand le réveil sonnera à 3h.




Le lendemain, je ne regrette ni le génépy, ni d'avoir reconnu l'approche paumatoire. On chausse les crampons au lac des Pissoux pour remonter le couloir issu du Pas de l'Olan. Cette attaque de début de saison place la journée sous le signe de l'efficacité.

Manu qui est devant, lesté de toute la quincaillerie, ne pose quasiment rien car la suite jusqu'à rejoindre l'arête est très roulante.

 


Arrivé sur l'arête N, ça se redresse mais le rocher est bon et se protège bien. La grimpe est facile si on va au plus simple, mais comme ça passe de partout, il y a parfois quelques variantes !

Ce terrain se prête bien à de grandes sections de corde tendue jusqu'à épuisement du matos et changement de leader. La fluidité est appréciée. C'est de l'escalade plaisir.



 
L'arrivée au sommet à 3564m est un mélange de satisfaction d'être sur un mythe de l'Oisans avec une pointe de réserve car la descente n'est pas réputée facile ni rapide (2500D- jusqu'au parking). Contemplation mais concentration.




Sur l'arête E (ou voie Escara), le plaisir reste mais le style change, plus aérien sur un beau rocher orangé. La progression en désescalade également.



 Arrivé à la brèche d'Escarra, convaincu à la lecture des topos que cette arête est encore longue, je m'apprête à continuer en direction de la brèche en V.
Heureusement Manu me rappelle à l'ordre.
La suite est sur le même thème que l'accès à l'arête N. Du terrain facile mais logique et plutôt bon.
Quelques rappels nous déposent sur le glacier l'Olan. Fin des difficultés, maintenant, on peut se faire un gros tchek et apprécier le travail accompli.

Un passage au refuge pour le ravito et discuter de futurs projets plus grimpants qui donnent envie de revenir dans le secteur.

Content de redescendre, enfin surtout d'arriver mais déjà hâte de remonter...





 

 

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mercredi 16 avril 2025

Deux jours autour du glacier de Tré-la-Tête

 

 


La traversée des Dômes de Miage par le glacier d'Armancette était dans ma to do list depuis un moment.
Comme le glacier long à l'Ailefroide ou plus récemment le couloir Nord des Grands Moulins, j'avoue avoir eu beaucoup moins envie d'y aller après l'accident du printemps 2023.
C'est en cherchant une idée pour ces deux jours de ski avec Antoine que je tombe sur un compte rendu de la descente d'Armancette. Bien poncée par le vent, le ski était de qualité moyenne mais le risque faible.

 

 

 Une petite chute de neige est prévue avant notre arrivée, parfait pour faire des bons virages en sécurité.
Les planètes semblent s'aligner. Et je suis content de redécouvrir ce coin en mode ski après un passage express en alpi l'été il y a 12 ans.
Sur la route des Contas, dès qu'on aperçoit le Mont Blanc, je vois que j'ai oublié un facteur, le vent. Les sommets fument tous, signe un vent fort en altitude. C'est pas bon pour le ski et la nivologie. 

 

 

Après un bon portage jusqu'au mauvais pas, le premier sentiment quand on arrive sur glacier de Tré la Tête est l'immensité.
Des randonneurs qui descendent nous confirment que ça souffle fort depuis hier, alors on profite de cette montée au refuge des Conscrits pour explorer les environs. 

 


Au vu des conditions, l'idée initiale du col des Glaciers est abandonnée pour le col du Mont Tondu moins raide. La neige a été bien travaillée par le vent et la descente alterne entre bons virages et carton.

C'est finalement en remontant le glacier de Tré-la-Tête qu'on skiera la meilleure neige du jour. 

 

 

Après avoir cogité un moment, je propose à Antoine de changer de plan. Dômes de Miage en A/R plutôt qu'en traversée pour limiter les risques d'avalanches après cet épisode de vent fort avant de remonter à l'aiguille de la Bérangère. Histoire de profiter à fond de ces deux jours en montagne et de skier une belle moquette.

C'était le bon choix. Après s'est bien fait ventiler sur les Dômes, la descente de la Bérangère a été incroyable. 1200D- d'une moquette lisse car peu parcourue et transfo comme il faut. 

 


Encore une belle virée, comme toujours avec Antoine.


 

 

 

 

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