mardi 16 juillet 2019

Feu Sacré à la Tour Termier



"Sous le col du Galibier, se trouve une des plus belle parois des Cerces. Une approche commode à partir de la route du col a redonné à cette face d'altitude une fréquentation régulière et méritée. Sa situation à l'écart de la vallée de la Guisane, l'esthétique de sa forme élancée, son sommet pointu, la qualité de son rocher richement sculpté, sa couleur ocre et rouge, le grand nombre d'itinéraire la rendent incontournable. La vue bien dégagée à cette altitude sur le massif de l'Oisans est une des plus belle qui soit." 



Voilà les quelques mots d'introduction de Philippe Mussatto pour présenter la Tour Termier dans sa bible de l'escalade. J'avais découvert la face en aout 2015 dans Marmotta Impazzita et je me rappelle encore bien de ce rocher magnifique. Un calcaire très sculpté (voire acéré) avec du grain et très fourni en (petites) prises, verticales, gouttes d'eau, réglettes. Aussi solide qu'il t'attaque la peau des doigts.



 Je m'étais dit que je reviendrai. Ça a mis un peu de temps mais voilà, on est de nouveau au pied du mur. Avec la ferme intention de grimper Feu Sacré (270m ED-).
Elle est décrite dans Itinéraires d'un grimpeur gâté comme "une voie magnifique. Homogène et esthétique, qui aboutit pile au sommet après avoir remonté une succession de dalles et de murs raides au rocher magnifique. Une des plus belles voies des Cerces, aujourd'hui classique."



Il a fallu se battre pour arriver en haut mais la voie a été à la hauteur de nos attentes. Même dans les longueurs plus faciles, l'escalade est assez fine et on reste bien concentré. 
Avec toujours cette volonté d'essayer de grimper en libre (avec plus ou moins de réussite aujourd'hui), j'ai commencé a ressentir un bon coup de fatigue à l'avant dernière longueur (6C). Heureusement, plaisir du réversible, partage des tâches oblige, c'est Loïc qui la grimpait en tête. Et la dernière, le seul 5C de la voie déroulait bien. 



Me voilà vaché au sommet de la voie, grand sourire, les pulpes à vif et presque surpris d'être là.
Depuis le temps que j'y pensais, ça y est, c'est fait, Feu Sacré, c'est coché !!



topo et photo C2C  




Ventre à Terre à Sialouze.


Quand Raoul, le gardien du Selé, nous annonce que Jour de Colère, la voie qu'on avait prévue pour demain allait être réequipée dans une ou deux semaines, on se dit que ça vaut le coup d'attendre. Des relais bétons et quelques points solides dans les longueurs, plutôt que des spits de 8 et des pitons branlants datant de l'ouverture...



Petite hésitation, entre la Livanos et Ventre à terre. Mais je suis pas hyper fan des voies historiques. J'avais eu le même sentiment dans la Rébuffat au Minaret et dans la Contamine-Vaucher au Peigne. Tu sais jamais vraiment où ça passe et par conséquent si tu es dans la voie ou à côté. Et puis les cheminées et la renfrougne, c'est sympa une longueur, pas la moitié de la voie. Quant au rocher, les voies historiques empruntent souvent des lignes de faiblesse donc pas toujours le meilleur caillou.



Le topo Cambon est plutôt élogieux sur Ventre à terre. " Cet itinéraire est un petit trésor d'homogénéité, avec des longueurs superbes (L3-5-6-8-9) et deux qualifiables d'exceptionnelles (L1-7)"



En plus, elle a été rééquipée il y a quelques semaines. Et quand on voit des pitons plantés dans une fissure herbeuse, on est content de clipper une belle plaquette toute neuve à côté.



La voie m'a fait penser à une référence du massif, Visite Obligatoire à la Dibona. Dans le style de grimpe variée: dalle, fissure, surplombs, écailles... Ventre à terre est peut-être un peu moins soutenue et équipée un peu plus proche. Les deux voies sont longues, autour des 350 mètres et cotées TD.
Mais ce qui rassemble le plus ces deux lignes magnifiques, c'est le granit. Compact, sculpté et solide. Tout ce qu'on aime.



Même si c'est du super rocher, même si c'est pas trop dur, même si c'est bien équipé... Ça reste une voie de 11 longueurs qui sort à 3500. Avec 10 rappels derrière, ça prend un peu de temps. Et comme la face est SW, on peut pas attaquer trop tôt, sous peine d'onglée désagréable (l'attaque est au soleil vers 10h30). Bref, voilà comment on arrive au refuge bien heureux de cette journée, un quart d'heure avant le dîner. Alors qu'on avait plutôt l'impression d'être efficace...




mardi 9 juillet 2019

Aspettando Astrobale et Profumo Proibito, Dalmazzi quanto è bello.

Après une journée de repos et une grosse pizza à Courmayeur, on est prêt pour retourner grimper en montagne.



Il se dit qu'il existe au fond du Val Ferret, autour du rifugio Dalmazzi, un paradis méconnu pour grimpeurs avides de granit. 

L'objectif de ce premier jour, c'est Aspettando Astrobale à la 2ème pointe centrale des Aiguilles Rouges du Triolet. 270 mètres TD+.
J'avoue qu'on y va pas super détendus. D'après les retours qu'on a eu, c'est beau mais ça grimpe fort. Avec quelques friends à poser et quelques pas engagés. Les gardiens confirment.



La vision de la face continue à faire monter la pression. Ça a l'air vraiment raide. Va y avoir du sport. Mais avant de grimper, il faut arriver au pied du mur et à la 2ème pointe centrale des Aiguilles Rouges du Triolet, c'est pas une mince affaire. Heureusement, l’approche est bien cairnée.



La première longueur en 6b passe plutôt bien malgré le froid aux doigts. Finalement, on se dit que c'est de bonne augure pour la suite.



Mais non, le 6a+ de  la deuxième longueur nous secoue comme il faut. Le topo nous annonçait une très belle longueur de 50 mètres assez soutenue. Il nous a pas menti.
On évolue au milieu de grands murs compacts et la grimpe est souvent raide et athlétique. Forcément, l'ambiance est là.



Cette deuxième longueur donne le ton du reste de la voie. C'est très beau, le rocher est sculpté et solide mais le libre se mérite. D'autant que parfois les points s'espacenttttttttt... et on peut pas toujours mettre un friend quand on en a envie.



Y'a pas une longueur pour se reposer. Alors quand on est au dernier relais, au pied d'un 6a+, je me dis, c'est bon, j'ai enchaîné des longueurs plus dures alors celle là, elle va passer crème.
Mais non, jusqu'au bout il faudra se battre (et se vacher sur le point). Cette fois, avec un réta bien physique, en mode sortie piscine. 

L'arrivée au sommet est d'autant plus belle quand elle a été méritée. Alors on savoure cette belle ascension.



Mais c'est pas terminé. Il reste les rappels. Et nos stats de la semaine ne sont pas bonnes. On a coincé une fois au Roi de Siam et une fois à la pyramide Est du Tacul. Alors on prie sainte Rita à chaque fois qu'on tire la corde et on arrive en bas sans encombres. 
C'est sympa aussi quand les rappels s'enchaînent bien.

Les premières gouttes arrivent alors qu'on love la corde au pied de la voie. Le timing est parfait. C'est définitivement une journée parfaite.
 topo



Pour vendredi, Amel me fait un petit cadeau. Elle est d'accord pour refaire la voie mythique du coin, Profumo Proibito. (270 mètres TD-) qu'elle a déjà grimpée il y a quelques années. Tous les articles, bouquins, blogs la signale comme une base dans ce niveau. Et c'est parfait pour aujourd'hui, il nous fallait une voie qui déroule. On a bien forcé hier et ce soir on a RDV à Autrans pour le Vercors Music Festival. 



La face passe au soleil à 10h mais on prévoit d'attaquer plus tôt, timing oblige, quitte à avoir un peu froid aux doigts. Bref, tout allait bien jusqu'à la première Gendronette des vacances. Après une heure d'approche, un nevé bien regelé, quelques pas d'escalade faciles, Amel se rend compte qu'elle a oublié ses chaussons au refuge. Bon bah, j'y vais. Ça tombe bien, j'étais un peu fourbu ce matin au réveil. L'avantage c'est qu'on attaque au soleil et bien (r)échauffé...



Les plus belles courses de facile à difficile nous décrit la voie comme "raide et soutenue, le must du secteur dans ce niveau. L’imposante tour s’élève comme une fusée dans le ciel… Le taillant est le chemin, clair et net. Un régal si on est affuté, car le caillou est exceptionnel et les points en place font une bonne alternance avec ceux qu’il faut rajouter."



C'est vraiment de l'escalade plaisir. Du beau rocher, des beaux mouvements. Ça déroule avec un petit pas pour pimenter la grimpe de temps en temps (mention spéciale pour L2, ou comment résister dans le crux à une chasse d'eau qui vous tend les bras.)



Comme la journée était placée sous le signe de l'efficacité, les rappels s'enchaînent sans souci et maintenant il reste plus que 2 heures de descente et 4 heures de voiture pour aller boire une mousse avec les copains et applaudir Ibrahim Malouf. Encore une belle journée...


topo
A noter le topo complet des environs du refuge est disponible en ligne gratuitement.








dimanche 7 juillet 2019

Lifting au Roi de Siam et Arête Est de la pyramide du Tacul.


1ère benne à 6h30 au Skyway côté italien, rien à voir avec l'ambiance Aiguille du midi!! Ici, pas besoin de jouer des coudes ou d'arriver trop en avance: tranquillo tranquillo...



On dépose quelques affaires au refuge de Torino, et direction le Roi de Siam. C'est le grand beau et les piliers mythiques se dévoilent devant nous: La Chandelle du Tacul, le Trident, le Grand Capucin, qui fait un peu peur pour tout avouer (petite pensée pour Pauline et Brice, bravo à vous), le Roi de Siam, la pointe Adolphe Rey....



Il y a du monde dans la montagne, mais avec tout ce qu'il y a à grimper, ça s'éparpille plutôt bien! 
A l'attaque, nous sommes trois cordées et des effluves de crème et de parfums parviennent à mes narines... Qu'est-ce qu'elles sentent bon les grimpeuses italiennes !



Pour éviter la rimaye et pouvoir s'intercaler entre les deux cordées, Simon prend une variante qui met tout de suite dans l'ambiance: petit pas dans une fissure qui déverse, heureusement pour moi, l'artif fonctionne très bien!
Deuxième longueur (=L1), 5a, c'est à mon tour, un peu de dalle puis un système de fissures faciles à protéger bien sympa. Cristina et Renata, les deux filles de la cordée de trois de devant, m'encouragent; l'ambiente è buona! 
L2 (5c), demande un peu plus de concentration pour Simon, j'en profite pour papoter avec l'italienne de la cordée du dessous, qui a participé à l'élaboration du Skyway, et qui me dit à quel point elle est amoureuse de ce coin...



Les longueurs suivantes déroulent bien, c'est chouette de pouvoir tout faire en réversible !
Vue du bas, la L5 a l'air de bien grimper, et ce n'est que 4c (ah le IV chamoniard)! Bien contente de l'avoir enchaînée, c’était joli, entre fissure et dalle (Simon aura lui aussi la chance de l'enchaîner quand on coincera la corde au rappel...!)


 
Une neuvième et dernière longueur nous amène au sommet biscornu que l'on voit de loin. Bravo Simon, un 5C bien classe! 


 
Nous sommes tout heureux de nous tenir là, sur ce sommet exigu avec une vue grandiose...

On n'oubliera pas les rappels (et le coincement de corde), suivis de la "remontada" au refuge de Torino, qui pique un peu après une bonne journée à plus de 3000m non acclimatés!











A la base, le projet pour lundi c'était la voie Salluard à la Pointe Adolphe Rey. La météo annonçant des orages dès le milieu d'après-midi, on cherche une voie plus courte ou plus facile, pour être sûr d'avoir terminé avant le mauvais.



L'arête Est de la pyramide du Tacul c'est 250 mètres de grimpe en IV+ avec quelques pas de V selon les variantes choisies. Parfait pour notre timing du jour...

La lecture du topo peut laisser croire à un itinéraire moyennement remarquable ("L3-L9: Suivre ensuite plus ou moins l'arête E sur 7 longueurs selon un itinéraire assez évident"). 



Mais finalement, ça a été la bonne surprise du jour, c'est vraiment de la belle escalade. Le rocher est bon et la grimpe variée. Fissures, écailles, dalles, dülfer. Une fois qu'on a rejoint l'arête, les longueurs sont belles et homogènes.
Ça m'a rappelé dans le style, la deuxième moitié de Grépon-Mer de glace. Des beaux mouvements, plusieurs lignes possibles et le fameux IV+ chamoniard qui fait mal à l'égo.



Et puis bonne surprise, le soleil qui était bien caché derrière les nuages ce matin, nous a réchauffé toute la journée.



Alors une journée parfaite ??
Presque. Mais pas complètement...
Et oui une belle course abordable, ça attire du monde. Welcome in Chamonix! Y en a qui doublent, y en a qui traînent et y en a qui font n'importe quoi. Avec une mention particulière pour la cordée de Rosbifs qui grimpait à la même vitesse que nous mais qui aimait faire relais 15 mètres au dessus de nous, histoire de bien emmêler les cordes et de tendre l'ambiance par la même occasion.
On se plaindra moins de la fréquentation quand on bloquera notre corde dans le dernier rappel. La demi-heure d'attente pendue au relais passe beaucoup mieux quand on sait qu'il y a du monde qui arrive derrière (forcément la cordée qui traîne).
Et puis c'est l'occasion de profiter du paysage...



Vu la fréquentation en semaine, mieux vaut éviter d'y aller le week-end.






lundi 24 juin 2019

Reine de la Nuit à la Meije.

Enfin!

Enfin, une nuit en refuge. Enfin, de la haute-montagne. Enfin, une grande voie... 
On ne va pas tomber dans la complainte climatique mais l'alignement des planètes ne m'a pas été favorable ce printemps. Et pourtant je bosse sûrement moins que la moyenne.

Si on regarde le verre à moitié plein, ça m'a permis d'aller gratter du caillou sur quelques sites majeurs du coin: Buis, Pont-de-Barret, l'Estérel, Céüse.
Mais pas l'ombre d'une croix sur ma to-do-list de grandes voies estivales.



Pour ce week-end pré-canicule, comme une envie d'aller grimper au frais en montagne avec Amel.
Reine de la Nuit correspondait à ce qu'on cherchait. Une voie pas trop longue, la première de l'année pour ma reine. En altitude mais pas trop, rappelez-vous le déluge de la fête de la musique. Si possible pas de benne pour grimper sans stress, c'est pas encore les horaires d'été. Et bien sûr du beau caillou, de l'ambiance et une belle vue au relais.



La montée au refuge du Chatelleret nous rappelle comme ce vallon des Étançons est magnifique. Et soulagement à la vue de la reine, la face Ouest est sèche. C'était pas gagné avec 10 cm de neige au Promontoire ce samedi matin.

A la table des jeunes, l'ambiance est bonne, la soupe un peu moins...


A chaque reprise en montagne, première cascade, première grande voie en altitude de la saison, on oublie de prendre de la marge (ou la frontale). Pour respecter cette habitude, on part du refuge à 7h30 et on passe 1h30 à discuter avec Sandrine la nouvelle gardienne du refuge du Promontoire.
C'est l'occas' de profiter du soleil sur la terrasse, notre face ne le voit qu'à partir de midi et d'avoir les potins du refuge #oreillesquisifflent

On voulait pas grimper à l'ombre mais on avait oublié que l'attaque était pas forcément simple à trouver, qu'il fallait passer de l'équipement de glacier à celui d'escalade et que s'encorder pour passer la roture ça prend un peu de temps.



Voilà comment nous attaquons à 12h, une heure après ce qu'on avait pensé. L'avantage, c'est que la voie est maintenant au soleil...

La faute au retrait glaciaire, la première longueur est un peu bizarre. Un pas de bloc que je protège avec un friend à l'attaque, un premier point méga loin, une grande traversée, beaucoup de tirage. La fin est beaucoup plus belle mais ça grimpe. Le ton est donné, ça ne va pas dérouler.



La deuxième longueur confirme. Le rocher est magnifique, solide, sculpté. Du beau granit comme l'aime Amel. Les longueurs sont longues (souvent plus de 40 mètres), c'est pas donné mais bien équipé dans les passages durs.
Les deux suivantes (5B-5C) sont plus faciles mais avec des points à 7-8 mètres, je grimpe pas super détendu en tête.



Nous voilà donc au pied du crux. La cinquième longueur en 6C est belle et passe en A0. La proximité des plaquettes permet de grimper en libre détendu. J'arrive au relais bien essoufflé (on est à 3300 mètres) mais heureux d'avoir enchaîné ce beau passage.

Encore deux belles longueurs de 40 et 45 mètres avec des écailles magnifiques et solides (c'est pas toujours le cas dans le secteur) et le vide qui se creuse.



La dernière longueur nous amène presque au sommet de la pyramide Duhamel.
On est super content de cette première grande voie montagne de la saison. C'était magnifique, du beau rocher et la vue qui va bien. Mais une voie de 340 mètres équipée aérée à plus de 3000 puis 8 rappels, ça prend un peu de temps et c'est pas à prendre à la légère.



Comme le précise camp to camp, on peut descendre à partir de la dalle Castelnau en cas de but à la Meije par les rappels de Reine de la nuit. C'est ce que j'avais fait il y a 7 ans avec Mauro. Souvenirs, souvenirs...
 Et sans connaître la voie c'était pas simple (points espacés et souvent en ascendance à gauche).
#oreillesquisiffent2
Cette fois ci, on prend nos précautions et on ne coince pas la corde dans le 2ème rappel.

Au dernier relais, la face repasse à l'ombre. On peut oublier le resto à Bourg d'Oisans mais on a passé l'aprem' en tee-shirt à plus de 3000.


topo





mardi 14 mai 2019

L’Échine du Dragon et les Gorges du Blavet.



Le plan de base, c'était d'aller faire des grandes voies dans les Gorges de la Jonte.
C'est là-bas que j'ai fait mes premières voies de plusieurs longueurs avec VOL, notre club de grimpe des années rennaises (#coupdevieux)
C'était il y a 11 ans et je me rappelle encore bien du beau rocher à trous, du gaz et des vautours qui volaient dans notre dos.

La météo en a décidé (une fois de plus) autrement. Il a l'air de faire meilleur sur la côte. Mais il y a trop de vent pour les Calanques ou le Verdon. Il me semble que j'avais lu un article sur l'Estérel dans un Grimper spécial grandes voies.
On y va sans grandes ambitions, ça a pas l'air d'être "the place to be" mais au moins on sera au soleil et au pire Chateauvert n'est pas loin.



Jeudi, premier jour en couenne pour prendre la température. L'ami Cristol m'avait conseillé les Gorges du Blavet. Rémi et Sophie ont déjà repéré la veille. On découvre les charmes de la rhyolite, le caillou local. Solide comme du granit, mais sculpté comme du calcaire, avec une belle couleur rouge. Le genre de rocher qui ne patine pas et qui t'attaque la pulpe des doigts !! Tout le monde a le sourire. Le soleil brille, le groupe est homogène et les voies jolies.

Pour le lendemain, on avait repéré la seule grande voie (valable) du coin. La description sur Vertical Evasion nous avait bien donné envie. 



"Le Massif du Cap Roux...
Lieu magique, où les roches rouges de l'Esterel viennent plonger dans le bleu de la Méditerranée.
Quel grimpeur n'a pas rêvé, au détour d'un sentier, d'escalader un de ses pics rocheux au décor de carte postale...



Certains vieux itinéraires viennent d'être revus au goût du jour.
Quelques plaquettes ont été rajoutés pour les relais ou dans les passages expo, des pitons ont été changés...



Et de nouveaux itinéraires ont vu le jour.
C'est le cas pour L’Échine du Dragon. Cette voie nous offre pas moins de 300m d'escalade, s'apparentant à une course d'arête de montagne, mais juste au bord de mer!
Homogène dans le 5c-6a, elle alterne escalade, marche, arête et rappel, sur les différents pitons rocheux menant au Cap Roux.



Les cotations sont ici gentilles, offrant une escalade abordable, mais où il ne vaut mieux pas trop traîner.
En effet 13 longueurs, c'est long, très long, et certains grimpeurs se sont vus dans l'obligation de remettre les dernières longueurs à un autre jour (composée de plusieurs parties, il est assez facile de réchapper)."



Après cette belle journée plutôt typée montagne, on retourne explorer un autre secteur des Gorges du Blavet. L'échauffement est vite avalé et les paires posées dans le 6C. Encore une ligne majeure. Tout le monde se met son petit combat avant de s’attaquer aux 6B+ voisins qui se méritent aussi.



Trois jours de grimpe sur la rhyolite et les pulpes sont à vif. Alors on décide d’aller re-découvrir Chateauvert sur la route du retour. Ça fait du bien de changer de style. Ici, c’est plutôt dévers à trous, parfais pour nos doigts broutés.
Le coin est bucolique avec la petite rivière qui coule au fond du vallon et les voies mythiques. Même dans le 6A d’échauffement, on prend deux mètres de dévers. Alors que dire du 6B…
Encore une belle découverte, le genre de site qui donne envie d’aller voir ses limites.
J'ai le topo, on y retourne ?





topo
Merci Boris pour les photos.