dimanche 10 février 2019

Cascade du Pénail


Comme on dit chez nous, en glace quand les conditions sont là, faut pas gâcher.
Alors on remballe ses principes et on va taper le glaçon même s'il fait grand beau.



J'ai découvert l’existence de la cascade du Pénail grâce à Camp to camp.
C'est toujours plaisant d'apprendre qu'il y a une cascade pas loin de la maison dans son niveau.
Et surtout qu'elle est en condi en ce moment.

Comme la cascade n'est pas tout le temps formée de par son altitude entre 800 et 1000 mètres et qu'elle a l'air d'être à la mode en ce moment, on espère une glace bien sculptée et nettoyée.
Mais y a des chances qu'on ne soit pas les seuls, même un vendredi...



L'approche est courte et plutôt atypique.
Après avoir chaussé les crampons au bord de la route qui monte à la Grave, on rejoint l'attaque en contournant et en enjambant des filets pare-pierres. Comme l'impression de rentrer par effraction.



Pas manqué, on retrouve une autre cordée à l'attaque. Ça a l'air raide cette affaire.
L’accueil est sympa mais ils nous informent que les broches dans la première longueur ne sont pas toutes bonnes.
Ok, il faudra être parcimonieux.



Eustache passe en tête pour la deuxième longueur. Un beau mur de 40 mètres en 4. Les broches redeviennent utiles.

Petite hésitation pour la suite, à droite ça s'annonce facile et enneigé. Donc moins intéressant.
A gauche, on voit pas tout mais c'est pas plus facile que les deux premières longueurs.

Eustache repart dans la troisième, un petit mur court mais raide.
Et là, on se rend compte qu'on ne voyait pas le bas de la quatrième longueur, assurément plus vertical que la reste de la ligne. 4++
 
Comme j'ai proposé d'éviter le nettoyage de la sortie de droite, maintenant faut assumer...
J'ai quand même un petit doute au pied du mur.
Est ce que ça sent pas la fuite en avant cette affaire ?



Finalement comme pour le reste de la ligne, le passage rend la grimpe ludique, agréable et plus facile.
Avec des bons crochetages, ça passe bien malgré une dernière séance de résine qui remonte à mi-novembre.

Ça m'a pas empêché d'attraper chaud mais je termine heureux de cocher cette belle longueur.
Au final, ça donne une jolie cascade homogène en 4/4+. Par contre, elle va pas aimer le coup de Foehn de ce dimanche...







topo







lundi 4 février 2019

Duc Bidon


Le plan de base, c'était d'aller faire de la cascade aux Tourengs. 
Vincent avait déjà grimpé là-bas alors il me propose plutôt d'aller voir vers Champoléon. Y'a le pote du prez qui lui a conseillé Duc Bidon.
A ce qu'il paraît, c'est une des plus belles du coin dans le niveau 3+/4. Je connais pas, c'est parfait.
 


Bon on pensait pas qu'il avait neigé tant que ça. Alors on est quitte pour un bon brassage dans l'approche. Tendance brasse coulée dans le final.

La première longueur est large, on peut grimper en parallèle, très bien pour éviter d'attraper froid au relais. 3+ avec un peu de nettoyage.
 
 
 
Pour le 2ème ressaut en 4, j'aurais plutôt du attendre au relais. La glace est plus sculptée et demande un peu d'attention. 
 
 
 
Avec un petit paquet de neige dans la gueule de temps en temps pour l'ambiance.
 


Le 3ème ressaut, un beau mur en 4, passe crème. Toz et Vincent ont bien dégagé la route et cette fois pas de spindrifts. Finalement, parfois il vaut mieux patienter. 
Nico passe en mode alpiniste pour la fin, une section en corde tendue alternant pentes de neige et petits ressauts en glace.

Il avait raison Christophe, c'est vrai que c'est un belle ligne ce Duc Bidon.










dimanche 27 janvier 2019

Mt Charvin

J'avais l'idée que les Aravis se résumaient à une succession de combes sympas à skier mais assez semblables et toutes orientées pareil.

Mais au sud du col des Aravis, on trouve un secteur intéressant. Les orientations sont plus variées, les cols permettent de basculer d'un vallon à l'autre, les possibilités sont multiples.



Le secteur est dominé par une des quatre plus belles faces du massif, la face Ouest du Mt Charvin.
"Le grand carré" comme on l'appelait à la révolution reste une référence à ski dans les Aravis. Skier une face Ouest en hiver, c'est l'assurance de passer un moment au frais. Surtout quand le thermomètre indique -12°C au parking.



Forcément, on met un peu de rythme au démarrage pour préserver les extrémités. Et c'est pas la vue sur la Tournette bien au soleil qui va réchauffer Arnaud.


 
Arrivés aux Chalets de l'Aup de Marlens, la face se découvre. Le gars ne se demandent plus pourquoi on a préféré la morsure de l'ombre à la douceur du soleil.
Deux traceurs sont déjà à l’œuvre bien plus haut dans la face.



Merci. Sans eux, la journée aurait été autrement plus fatigante.
Autant hier, étant donné la largeur du Coillu à Bordel, c'était important de tracer la montée pour descendre les premiers. Autant aujourd'hui, on profite de la trace, comme on pourra profiter de la poudreuse à la descente. La face est large, il y a de la place.



Antoine remonte l'arête Nord-Ouest skis sur le sac avec la vue sur le massif du Mont-Blanc.
Et c'est le summit, 2409m, bravo les mecs !



La face commence à être au soleil quand on attaque la descente. Le haut a bien pris le vent et c'est l'occasion de travailler ses virages sautés. On retrouve une bonne poudreuse 100 mètres sous l'arête. Antoine passe du virage sauté aux grandes courbes.



Un bon pique-nique au soleil nous permet de récupérer les calories perdues dans le froid ce matin. Avant d'aller explorer les environs poudreux du col des Porthets...




vendredi 25 janvier 2019

Coillu à Bordel



Je vous recommande la lecture de ce bouquin, Les plus belles traces.
Entre un beau livre et un topo, il a tout pour plaire, sélection d'itinéraires, des belles photos et des tracés sur carte IGN et photos.
 


C'est en parcourant celui sur les Aravis que j'ai découvert le Coillu à Bordel.



Voyons ce qu'il nous raconte.
"Appelée également "De Profondis", cette faille naturelle semble avoir été asséné à la montagne par un grand coup de hache.
 
 
 
Haut de 200 mètres environ, raide mais sans excès (entre 40 et 45°), étroit (une dizaine de mètres dans sa partie supérieure), le couloir qui la remonte est dominé de part et d'autre par des falaises verticales. 
 
 
 
L'ambiance y est indescriptible. Il est devenu au fil des ans, une grande classique et contrecoup de ce succès la neige y est souvent raclée."
 


Pas de neige raclée pour nous aujourd'hui. On a bien brassé pour tracer la montée, par contre quel plaisir de faire les premières traces dans une poudreuse abondante...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

lundi 21 janvier 2019

Caturgeas, euh t'es sûr ??


J'avais eu l'info par un pote aspirant-guide à la Grave, que Caturgeas était bien en condis.
Merci Flo, ça vaut bien un pti coup de pub.
Le froid dure jamais trop longtemps alors on y va avant que ça fonde.



Le topo fait envie."Cascade d'une homogénéité et d'une longueur remarquable. C'est l'une des cascades incontournables (et incontournée) de la région qu'il conviendra d'éviter lors des périodes d'affluence. La cotation technique en 3+ est donnée en passant au plus facile. En privilégiant les murs les plus raides, la cotation serait 4."
Parfait pour la forme du moment.



Après deux minutes d'approche, la première longueur me réchauffe bien, un bon 3++.
Et c'est pas super épais dans le haut.

La suite est plus cool, conforme à la description.


 
La 3ème longueur, c'est du 4 en allant au plus facile avec une petite douche offerte.
Et quand ça te coule dessus, c'est que c'est raide.
En plus, il n'y a pas eu beaucoup de passage alors la glace est cassante, mais ça passe.

Lionel fait la longueur suivante, un 3+ avec pas mal de nettoyage et installe le relais au pied d'un cigare.
Un cigare, dans le 3+ ?



Dans ces conditions, glace raide très sculptée, aérée et qui coule beaucoup, on est plutôt dans le grade 5. 
On redescend en rappel après ces 4 belles longueurs en se demandant comment ce passage même plus fourni, peut être coté 3+.

J'aurai la réponse à la maison, on s'est trompé de cascade tout simplement.
C'était pas Caturgeas mais Mini-Moulin.
C'est pour ça que ça nous a semblé dur !!
Mais c'était bien aussi...




dimanche 20 janvier 2019

Goulotte des Enfers

Dans les Hautes-Alpes, il a pas neigé depuis un mois. Aujourd'hui c'est temps gris et pas trop froid.
Sale temps pour les skieurs.

Mais quand le skieur pleure, le glaciériste sourit.
C'est donc des conditions idéales pour la cascade de glace.



On vise la goulotte des enfers à Crévoux. C'est une classique mais en semaine, on devrait pas être trop gêné.
En arrivant à 7h au parking, on voit deux personnes qui partent à pied, piolets et cordes sur le sac. Eux, ils vont pas faire du ski fond !

Ça fait bien longtemps que la fréquentation dans les cascades a rendu obsolète la règle d'une cordée pour une cascade.
 


Donc on s'engage derrière. Et ça tombe bien ils sont sympas et efficaces.
Après une première longueur en 4, la suite déroule, avec une longueur plus facile puis une alternance de pentes de neige et petits ressauts en glace propice à la corde tendue.

Une belle longueur en 3+/4 en bon sorbet et on arrive dans les grandes pentes de neige.
La goulotte est très sensible aux avalanches mais dans ces conditions, pas d'inquiétude.
Ça serait moyen à skier, du coup c'est efficace à remonter.



Un bon coup de chaud plus tard, on est au pied du dernier ressaut.
C'est pas assez raide pour du 4+, mais ça grimpe pour du 4. Dernier coup de chaud avant une sortie et une descente à l'ambiance très Ben-Nevis.
 


Une bonne équipe, une belle bambée, 9h aller-retour pour une jolie ligne en super conditions.
Ça faisait longtemps et ça fait plaisir !
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mardi 15 janvier 2019

Poudre de Combe Bronsin




La Lauzière, c'est un bon spot pour le ski de rando. Des départs hauts, peu ou pas de forêt, des cols pour passer d'une combe à l'autre, pas trop de pente mais il y a aussi des couloirs si on a envie.
Et c'est souvent une bonne idée pour skier de la poudreuse en début d'hiver. 

Bref, on peut rencontrer du monde, beaucoup de monde, un week-end de beau temps.
Après notre visite des 3 combes, Valette, Plan, Bridan du mois de décembre, je me suis rappelé qu'il y avait des combes moins fréquentées plus au Nord.

Aujourd'hui, on va skier la Pointe de Combe Bronsin en espérant profiter des avantages de la Lauzière sans la foule. Personne au parking du Biollay ce matin à 9h. La journée s'annonce bien. 



On commence à tracer sur une route forestière dans une forêt bien pentue.
Très pratique pour être efficace et en sécurité.

Un peu plus loin, on rejoint le fond du vallon. Les conditions sont un peu différentes de ce que nous annonçait le BRA, c'est plutôt sous 1900 que l'on sent la couche fragile. Alors, on se rappelle les conseils de Seb: s'espacer, rester sur les croupes, éviter les zones à plus de 30° et s'attendre sur des ilots de sécurité.



Toujours personne dans le vallon. Tracer est physique dans cette neige profonde alors on fait des petits relais pour partager l'effort.



Vers 2000, la neige devient plus saine, moins hétérogène.
C'est pas pour ça qu'on ira skier les couloirs de la Pointe de Colomban, même si ça fait bien envie, mais c'est noté pour une prochaine fois...



Summit à 13h, nickel pour un pique-nique sans vent mais avec vue.


 
 La neige n'a pas bougé et on commence par s'envoyer 500 mètres de descente de grande qualité.



On croisera à cette occasion, les deux seuls autres skieurs de la journée.



La neige est tellement agréable à skier qu'on décide de profiter une deuxième fois de notre trace de montée.



 Pour ajouter quelques traces de descente.



Le mot de la fin pour Joana : "Ok pour prendre des mecs dans ma sortie, s'ils ont l'autocollant, sinon c'est buff GFHM obligatoire"