mardi 8 mars 2022

Couloir SW du Rocher Blanc

 

 Lors de la belle bambée du printemps dernier, arrivés au pied du couloir SW du Rocher Blanc, j'ai eu un doute. Est-ce qu'il n'est pas déjà trop tard pour remonter le couloir puis le skier ? Est ce que ça va être bon ? 

 

Et oui, je suis comme ça. Je préfère changer d'objectif plutôt que de skier une combe ou un couloir en mauvaises conditions. Y'a quelques années, j'avais décliné l'invitation de copains qui allaient aux Dômes de Miage, sachant que ça avait pris le vent. Et j'espère y retourner cette année.

 


C'est même devenu une habitude de changer d'objectif en cours de sortie. Parce que ça a l'air meilleur à coté... Ça marche pas à tous les coups, mais en général, on s'en sort bien !

Bref, avec 3200D+ et une belle surprise dans le final, on avait pas perdu notre journée mais j'avais gardé ce couloir dans un coin de ma tête.

 


Maintenant que je vais avoir du temps pour skier, je relance quelques copains dispos. J'ai pas dit chômeurs !

Nico, en fait partie. On a fait quelques jolies sorties ensemble. Connaissant la caisse du bonhomme, quand je le vois sortir du coffre les Gignoux, les skis carbone et le sac light, je me dis qu'il a changé le garçon et surtout qu'il va pas falloir mollir aujourd'hui !

 

 

En effet pour changer de la combe Madame, je lui ai proposé de partir de Prabert. Ça implique de démarrer par le col de l'Aigleton et le col de la Vache. Et de rentrer par la Belle Étoile et l'Aigleton. Ce qui fait déjà en soit une belle boucle

 

 

 Arrivés au pied du couloir, je suis content. Il est lisse et commence à chauffer doucement, ça sent bon. On chausse rapidement les crampons pour monter plus détendu. C'est à la descente, lors des premiers virages qu'on le sera moins. Comme le haut du couloir tourne un peu W, c'est bon grip comme on dit (comprenez, c'est lisse mais ça n'a pas décaillé) mais c'est aussi le passage le plus raide.

 


Le premier virage déclenché, ça va mieux et ça devient rapidement très bon à skier.

Là, je suis bien heureux de l'avoir laissé de coté l'an dernier pour le skier dans de super conditions aujourd'hui.

 


C'est sûr que la remontée à la Belle Étoile pique un peu, mais ça démarre bien la saison de printemps !!



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M des Sultanes

 

 Ça fait longtemps qu'il me faisait envie ce M des Sultanes.

 


L'idée, c'est de monter par le couloir de droite, descendre les Sultanes (branche de droite), puis remonter la branche de gauche pour arriver en haut du couloir de gauche, qu'on redescend pour terminer. Bref, un beau tour du propriétaire.

 

 

En plus d'enchaîner deux descentes, les orientations sont logiques pour skier de la bonne moquette.

 


 Ça fait une sortie variée avec des passages en crampons et on skie souvent la meilleure partie du couloir, jusqu'à l'étroiture. 

 


Après avoir profité du lever de soleil sur la barrière Est, la suite est magnifique. 

 


 

On voyage entre les tours calcaires et les couloirs neigeux. Le contraste entre les grandes falaises et les lignes de fuite des couloirs vaut le détour.

 

 

Alors pour en profiter plus longtemps, on a rajouté une branche au M en faisait l'A/R dans les torcheurs du matin. Quitte à s'être levé à 5h30, autant en profiter le plus possible !



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mardi 18 janvier 2022

Grand Jarnalet, couloir Nord-Est

 


 - "Tu vas où demain finalement ?

- Dans l'envers de Belledonne, au grand Jarnalet.

- Le grand quoi ?"

 

 
J'aime bien la vallée des Villards. Il y a (un peu) moins de monde que du coté Grésivaudan, on est vite au soleil et une fois que tu as remonté un des longs vallons, les possibilités d'itinéraires et de boucles sont multiples. J'aime tellement que j'y suis pas mal allé...

 


Du coup, pas facile de trouver un vallon où je ne suis jamais allé promener mes spatules. 

 

 
 
C'est en fouillant sur skitour à la recherche d'un itinéraire exotique, que je tombe sur le tour du Jarnalet par le col du Villonet. Jamais entendu parlé de ce sommet... Comme quoi, Belledonne est pleine de surprises.

Toz, lui, connaît le Jarnalet et a même noté le couloir NE dans sa to-do-list. On va bien s'entendre !!

 

 

Arrivés aux Granges, après un démarrage bien efficace, on met le clignotant à gauche pour quitter la combe du Merlet qui est déjà bien parcourue. D'un coup, on retrouve ce qu'est le ski de rando dans les secteurs moins (sur)peuplés. Faire la trace, regarder la carte, discuter du meilleur itinéraire... 

 

 

C'est plaisant mais on avance moins vite, surtout dans des pentes à 35° où la poudre est restée bien froide. J'aime aussi la sensation d'être seul au monde, personne devant pour te faire la trace et personne derrière pour faire les premiers virages alors que tu choisis d'aller au sommet.

 

 

Plus la journée avance et plus je me dis que si on fait le sommet en A/R plutôt que la boucle, ça ne sera pas perdu au vu de la qualité de la neige rencontrée depuis les Granges. Bizarrement Toz a eu la même idée !

 

 

 Je remonte le couloir à pieds moyennant un gros brassage. Tout en sachant qu'on sera récompensés à la descente. 

 

 

Et comme on est sûr d'être les premiers (et les derniers) à skier le couloir aujourd'hui, on va jusqu'au sommet. 

 

 

Comme prévu, la belle couche de poudreuse facilite la descente du couloir. Jeanne fait au passage son initiation pente raide. 

 

 

Plus bas, ça continue sur le thème: "Pu... mais  


comme


c'était



bon !!"

 

 


vendredi 7 janvier 2022

Grand Pic de la Lauzière

 

En ski, j'ai souvent l'impression de prendre les crampons et le piolet pour finalement les laisser dans le sac.


C'est comme les couteaux, on les emmène souvent pour rien mais le jour où y en a besoin, on est content de les avoir.

J'ai pas le souvenir non plus d'avoir utilisé la rad line qu'on transporte à l'occasion depuis quelques années (corde légère pour le ski). L'avantage, c'est qu'on oublie vite ses 650g pour 30 mètres. 

 

Et puis, il y a des jours où tu prends crampons, piolet, corde et sangle pour bricoler un baudrier de fortune au cas où... Le truc qui t'es jamais arrivé !

Et tout est utilisé, voire même, ça aurait été plus confortable avec un vrai baudrier !! Mais pour ça, il faudrait simplement écouter ce qu'on te dit...

 La journée commençait pourtant en douceur. Petite couche de neige fraîche, grand soleil et pas trop de monde à Celliers. On est jeudi quand même, personne ne bosse ici ?

 


Le passage à l'ombre au niveau du glacier de Celliers rafraichit nettement l'atmosphère, un présage pour la suite ?

 


A l'endroit, où les skieurs dépeautent pour vite rejoindre les pentes au soleil, on chausse les crampons et on s'encorde. Vu d'en bas, l'arête a l'air moins débonnaire que ce que j'imaginais.

 


 Et effectivement, vu de l'intérieur, il y a quelques ressauts plus raides avec une neige parfois sans consistance, parfois recouverte d'une coque de glace qui complique la progression. Alors on zigzague, on essaye le mixte... et tout le monde fait des grands moulinets de bras aux replats pour se réchauffer les doigts.

 


 Le vent, le vide et le froid rajoutent de l'ambiance à ce petit morceau d'arête.

 

L'arrivée au soleil à la croix n'en est que plus appréciée.

Summit, bravo à tous !! 

 


 




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mardi 6 avril 2021

Roche Noire, en boucle depuis Valmeinier

 

Autant j'aime le bon ski, autant Amel, il lui faut un sommet. Alors pour ce qui s'annonçait comme la dernière rando de la saison, il fallait pour que tout le monde soit content, des copines pour l'ambiance, une arrivée au sommet et des orientations logiques pour skier de la moquette.


Une descente orientée Sud-Ouest dans la combe de la Vache permet de ne pas se lever trop tôt et de monter tranquillement.

 

Et ça tombe bien, car la montée par le lac de Roche Noire est assez longue avec sa grande traversée sous la face Nord. Tellement habitués à voir du monde lors de nos sorties en ski de rando, on s'étonne de ne croiser personne et de faire la trace.

Étonnant, mais plaisant ! Tout comme le fait de regarder la carte, chercher son itinéraire, se demander par où ça passe...


La vue du sommet récompense les derniers efforts de la montée. "Un summit" s'exclame Amel. Et en plus, c'est un 3000 ! 

 

En jouant avec les contres pentes, la descente est agréable, lisse et bien revenue.

 


Malheureusement, plus on descend et plus c'est mou. Et pour terminer une journée qui s'annonçait plus reposante, le fond du vallon le long de la rivière n'est pas très skiant. Plats, remontées, déchaussages...

 

On avait tout misé sur l'escalator emprunté la veille pour les derniers mètres de montée mais aujourd'hui, il fait la grève  ! 


N'hésitez pas à passer quelques jours au refuge de Terre Rouge pour rentabiliser l'approche un peu rébarbative, il y a de quoi faire dans le secteur.


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mercredi 31 mars 2021

Pourquoi faire du dénivelé ? Exemple de tricotage autour du Rocher Blanc.

 

À la question pourquoi faire du dénivelé ? Il existe plusieurs réponses.

Gravir un sommet, visiter des vallons peu fréquentés, faire la première trace, avoir une vue panoramique, profiter d'orientations multiples, s'éloigner de la foule des classiques, faire monter le cardio et partager une belle bambée avec des potes...

 

Chacun a ses raisons mais c'est mathématique, plus le dénivelé augmente, plus le % de bon ski augmente aussi.

 

Par exemple dans les conditions de dimanche dernier, le Rocher Blanc fait 1870m de dénivelé pour 1000m de bon ski. On considère que sous la barre des 2000, c'est neige molle ou trafollée, traversée de boulettes et border cross.

Bref, ça descend mais c'est pas la meilleure partie de la journée. 

La bella donna se mérite et c'est difficile d'échapper aux réjouissances des fonds de vallée : portage, forêt et neige variable. 

 

Donc pour le Rocher Blanc, on est à 54% de bon ski. Si en plus, tu t'offres une belle descente en face Sud alors que la route du Glandon est fermée, c'est l'assurance d'un vallon désertique et d'une moquette lisse. Ça rajoute 750m de déniv' mais le ratio de bon ski monte à 65%. C'est mieux !

 

Bon, il ne faut pas oublier de préciser que dans la remontée de cette combe plein soleil en fin de matinée, il fait vraiment chaud. On peut pas tout avoir.

 


Si au lieu de remonter au Rocher Blanc une deuxième fois, pour rebasculer vers la voie normale, tu mets le clignotant à gauche direction le col de l'Amiante pour redescendre vers les lacs des 7 Laux, tu profites alors d'un vallon Ouest dont la rive gauche n'a pas encore vu le soleil et est restée bien poudreuse. 

 

Avec seulement deux traces, il y a de la place pour faire se faire plaisir. 

 

En comptant la remontée obligatoire au col du Mouchillon pour rebasculer dans la Combe Madame, on est à 2787m de D+ pour 68% de bon ski. Ça progresse doucement !!

 


 Nous voilà donc au col du Mouchillon. Ne pas dire qu'une partie du groupe est farcie serait mentir. Alors qu'il nous suffirait d'enlever les peaux pour se laisser glisser jusqu'à la voiture, il faudrait des œillères pour ne pas voir le couloir NO de l'antécime W du Rocher Blanc. 

Matthieu me demande ce qui me pose question par rapport à ce couloir. 

La trace est faite dans une grosse moitié, les deux traces de descente en grandes courbes garantissent une bonne neige, le soleil rasant ne nous met pas la pression, la nivologie depuis ce matin est rassurante et il reste de la place à coté des 2 traces.

 

Bref, il est 15h et tous les signaux sont au vert sauf qu'on a 2800m de déniv' dans les pattes. Mais en montagne comme dans la vie, il faut saisir les opportunités qui se présentent.

 


Après quelques conversions, nous voilà donc skis sur le sac avec un grand sourire, ça va être le gavage. 20, puis 30, puis 40cm de poudreuse légère sur un fond sain. 

 


Idéal pour monter sans trop brasser et incroyable à la descente.

Cette dernière rallonge de 400m fait monter le dénivelé du jour à 3185m et le % de bon ski à 72.

Derrière cette approche un peu arithmétique, se cache une partie de ma réponse à la question pourquoi faire du dénivelé ? J'aime gravir des sommets, j'aime découvrir des vallons loin de la foule des classiques, j'aime l'effort, j'aime les longues journées en montagne partagées avec les copains...

 

Mais surtout j'aime le bon ski !


 Ça fait quelques hivers que je voulais repasser la barre des 3000 à la journée, mais pas n'importe comment. Merci les gars d'avoir partagé cette belle bambée !