lundi 22 février 2016

Traversée de Belledonne, 1ère étape Chamrousse-Prabert par les belles pentes


En montagne, on peut prendre un but pour pleins de raisons.

Le but de topo, quand on se perd et qu'on trouve pas l'attaque d'une voie. 
Le but de matos, mais pourquoi y a de la neige sur cette arête ? j'ai pas pris mes crampons moi.
Le but de condis, c'est normal cette rivière dans la fissure là ?
Le but de partenaires, mal des montagnes, malade. . .ça a pas l'air d'aller mec ?
Le but météo, tellement de brouillard qu'on trouve pas la cascade. 
Le but de forme, pas de caisse aujourd’hui
Le but d'optimisme, jte jure ils avaient prévu une éclaircie !!
Le but de niveau quand on a un peu sous-estimé les difficultés ou sur-estimé ses capacités. . .
Le but mental, maman j'ai peur, pas envie d'y aller !!

Bref toujours pleins de raisons de renoncer et parfois c'est mieux comme ça !!

Je devais faire la traversée de Belledonne au printemps dernier
Tout était calé, l'itinéraire, le ravito, les vacances. . .
et j'ai pris un gros but. . . conjugal (je vous passe les détails)

Bref, je sais pas si j'arriverai à la faire cette année encore, du coup on va la couper en rondelles
Première tranche de sifflard ce week-end avec Antoine et Thibault entre Chamrousse et Prabert
Et par les belles pentes SVP, on est pas là pour faire du ski de fond !!



samedi, 8 heures du matin à Casserousse
c'est aujourd'hui la manif aux vans ??



on retrouve avec plaisir le soleil à la brèche nord des lacs Robert 



première descente, la face NE du grand Eulier (flèche de droite) 



c'est une bonne alternative à la face E, souvent sur-tracée
en ce samedi bien fréquenté, on est les premiers dans la NE



après cette première descente, on remet les peaux direction la face NW des pointes de Jasse Bralard 



encore une belle face en poudreuse
on regrette pas la variante



 Après une bonne nuit de m. . . . . dans le frigo (ou local d'hiver) du refuge de la Pra
On repart ce matin à 5
avec Octave et Pierrick qu'on a retrouvé hier soir au refuge



arrivée d'Antoine au col de Freydane 



hey mec, ça a l'air bon là !! 



 et ouais, c'est parti pour 500m de descente en poudreuse froide sous la face nord du grand pic jusqu'au lac blanc



 deuxième remontée du jour, pour affiner le bronzage jusqu'à l'épaule W des rochers de l'homme



la fine équipe à l'épaule W des rochers de l'homme



et une face de plus en poudre
Octave au taquet pour 200m à 40°




allez, ça mérite bien une petite rallonge au col de la Pierre 



maintenant y a plus qu'à se laisser glisser jusqu'à Prabert
décidément les versants nord d'altitude étaient bons ce week-end !!



on en profite jusqu'au bout. . .
 après y a plus de photo, mais le ski dans les vernes sous le lac de Crop, c'est toujours aussi merdique

Enfin bon, on s'est bien gavé pendant ces deux belles journées, à quand le reste du sifflard ??








mercredi 17 février 2016

Grand tour du pic nord du Merlet, 4 cols et 5 vallons pour (seulement) 2000 m


Geeker sur skitour, peut être le point départ d'une belle journée. C'est surement ce que j'ai du faire ce 26 janvier dernier, en voyant le topo et la sortie du grand tour du Pic nord du Merlet. Intéressant! Ca promet un beau voyage, je mets ça de coté en attendant le bon créneau

Je bosse pas ce mercredi, il fait beau, Pauline est dispo. 
T'as des idées ? me demande Pauline



un des bons moments de la journée, quand tu sors de la mer de nuages et au dessus, c'est grand beau !



mon premier passage dans la combe du Merlet, content de découvrir des nouveaux coins dans Belledonne



première descente, le col de la Lavoire, 5* 
comme l'impression de skier sur des nuages, face au Mont Blanc



c'est tout doux



on repeaute, direction le pas de la fenêtre



et on bascule coté Merlet
ça a pris le soleil mais ça reste bon



troisième descente, du col coté 2368
neige moyenne mais vue de fou sur le vallon le plus mutant de Belledonne



allez quatrième et avant dernière montée (d'un autre col sans nom)
au frais, ça passe mieux 



et bah voilà cinquième et dernière descente
on a bien du faire 2200, on en a pris pleins les yeux avec tous ces vallons sauvages de Belledonne
et il nous reste 500m de pur bonheur en poudreuse légère

encore un chouette tour et une belle bambée dans Belledonne avec pas mal de manips mais ça fait voir du pays et ça rend le déniv' plus accessible


ne pas se fier à la trace GPS qui est fausse



samedi 30 janvier 2016

La dent du Pra depuis Prabert, c'est le printemps ma bonne dame !


Skier de la neige de printemps le 30 janvier, c'est sympa mais ça fait un peu peur pour la suite de l'hiver.
On se retrouve à Pabert avec Pauline et Germain.
Barrière ouverte, route déneigé, on se gare au parking du haut, c'est le printemps ma bonne dame !!


10 minutes de portage et 1000 m de montée plus tard, on passe au soleil en arrivant à l'aigleton avec Antoine, Camille et Fabien croisés en route.
Après une semaine au boulot, ça fait plaisir



la petite descente EST de l'aigleton, passe toujours aussi bien 



on remet les peaux puis les skis sur le sac pour une variante de montée à la dent du Pra (histoire d'éviter l'autoroute de la belle étoile)



joli brise au sommet, on va pique-niquer plus bas ??



le soleil revient après manger ce qui nous permet de skier des bons passages en moquette



pendant que les filles bronzent, les mecs transpirent
on remonte vers la belle étoile maintenant que ça commence à transformer



et on regrette pas cette petite rallonge



histoire de passer les 2000



c'est le printemps ma bonne dame



vendredi 29 janvier 2016

Camino de Santiago


Je profite d'un dimanche pluvieux pour vous raconter un peu mon voyage vers Compostelle.


Comme vous le savez ou pas, je suis parti le 25 août pour la Galice. Je suis parti à pied pour Saint Jacques de Compostelle. De la maison ça fait 1800km avec les détours.


Wahou 1800km !! Me disaient les gens que je rencontrais en chemin. En fait ça passe vite 66 jours de marche. Pourquoi ça passe vite ? Parce que c'est jamais pareil.

De Grenoble, j'ai marché 2 jours pour atteindre dans le nord isère, le chemin qui joint le Puy en Velay de Genève (pour les Suisses et les Allemands qui partent de chez eux). 


 Les premiers jours, pas de pèlerins à l'horizon, beaucoup partent du Puy. Ces quelques jours en solo m'ont permis de rentrer dans la marche à mon rythme, de découvrir des coins sympa à coté de la maison (genre les Chambarans), 


de voir les massifs alpins se superposer puis disparaître et de rencontrer les locaux. (privilège de la solitude, je me suis fait inviter à prendre une douche puis l'apéro puis le repas ou une autre fois un chocolat au bon lait de la ferme).


En me rapprochant du Puy, je commence à croiser d'autres pèlerins Je marche de temps en temps avec Etienne, un Suisse sympa, on se marre malgré les 40 ans qui nous séparent.


Arrivé au Puy, changement d'ambiance, c'est même marqué sur les bus, "départ officiel du chemin de Compostelle".


On passe de 10-15 marcheurs par jour à 150 départs quotidiens. L'inconvénient c'est qu'on peut jamais pisser tranquille, l'avantage c'est que la marche prend une autre dimension avec les rencontres. En effet, on alterne les marches seul et les marches avec d'autres pèlerins ou on discute beaucoup, 1 km a pied même après un mois de marche, ça prend toujours du temps.


Là on s'est trouvé un bon petit groupe de jeunes francophones

 
Sam le belge, Andréann, Myriam et Andrea les québécoises, Stella la suisse, Matthieu, Grégoire, Maithé et Thomas et Laurent les frenchys.


Idéal pour se faire des bonnes bouffes ensemble dans les gîtes communaux

 
 ou dehors comme des manouches (l'avantage c'est qu'en cas de besoin, les toilettes sont pas loin)


et pour dormir dans des endroits insolites
 grotte

 
 église


salle des fêtes, presbytère. . . mais surtout porche
"hey les gars, j'ai repéré un bon porche pour ce soir !"


Le groupe n'est jamais au complet, parfois on croise un pote dans la journée et on marche ensemble.
Parfois, on retrouve les potes en terrasse en fin de journée.


 Y en a toujours un ou deux qui sont derrière ou qui vont dormir quelques kilomètres plus loin.
Bref, des rapports simples mais sympas et c'est toujours une bonne surprise de se recroiser


C'était cool et plus funky, car l'ambiance générale était plutôt à la semaine de marche de groupes d'amis approchant ou déjà à la retraite en pension complète dans les gîtes (autant dire ça se bousculait pas pour dormir dans les chapelles et tant mieux).

En France, on passe par des belles régions, Vellay, Aubrac, Gers.


Le patrimoine est classe


et bien mis en valeur (Conques, Rocamadour) contrairement en Espagne.


On redécouvre en France, des choses qui font chaud au cœur, comme la bienveillance des habitants envers les marcheurs au long cours


un rafraichissement, un fruit, un repas, voir même une nuit offerte. . .
ça fait plaisir, ça donne confiance 


Arrivé à la frontière ça change complètement. En France, on compte moitié français, moitié étrangers (plutôt européens). En espagne, il y a 10% de français et un sacré mélange de nationalités (en plus des européens, des américains, coréens, brésiliens et encore pleins d'autes origines)


Toujours dans la même ambiance de discussion, de partage de repas


 ou de morceaux de marche avec parfois des beaux hasards .J'ai un peu lâché le petit groupe sympa avec qui je marchait en France, pour ne pas m'enfermer dans la francophonie, c'était d'autant plus agréable de se retrouver de temps en temps (et oui Grégoire, le mec qui a marché deux mois avec une guitare sur le sac, se lave les pieds tranquillement à la fontaine du village en Espagne)


 Morceaux choisis
Je rencontre une suédoise juste avant d'entrer dans Burgos. Elle me montre une variante d'accès pour éviter zones industrielles et supermarchés (ce qui est marrant c'est qu'on commence a discuter à 200m du croisement). Arrivé en ville, je retrouve Peter, un pote hongrois avec qui j ai déjà campé
 

 c'est fête nationale, tout est fermé et il pleut, bien sur on a rien en réserve à se cuisiner. La bonne surprise c'est qu'a 25m de là ou je le croise, on tombe sur une pizzeria ouverte, grosse orgie de pizza ensemble au chaud en regardant la pluie tomber.

 
Quelques heures plus tard, je retrouve deux potes de la partie française Sam et Andreann à l'auberge, nickel pour aller boire une bonne sangria.


Une autre fois, je marche la dernière heure avant Logrono avec Alex, un espagnol croisé quelques jours plus tôt. Il me fait visiter la ville et on retrouve Sam et Andreann (toujours les mêmes). On fête la fin de la marche d'Alex au bar, car la spécialité du coin, c'est les pinchos. Sortes de tapas améliorées, servies avec un verre de vin. Tous les bars sont dans la même rue, ambiance garantie (un peu comme la rue de la soif a rennes, mais en plus classe)


Ce qui est beau dans ces rencontres, c'est qu'elles sont le fruit du hasard. On se téléphone pas, on se donne pas de RDV, si on se recroise c'est tant mieux. Si j'avais pas recroisé Alex 5km avant Logrono par exemple, je ne me serai sûrement pas arrêté mais le destin en a fait autrement.

C'est aussi comme ça que je me suis retrouvé a camper la nuit le plus froide du trip, car j'ai passé la soirée avec une espagnole, un italien et une irlandaise qui commençaient a cuisiner au feu de bois alors que je passais pas loin.


J'ai bien aimé les paysages secs et désertiques de la première moitié du chemin en Espagne.

 
 Moins la Galice, un peu trop vert et pluvieux à mon gout !



Bref c'était une belle expérience de vie simple, toute la journée dehors, un grand sentiment de liberté, des rencontres, du sport, pas d'horaires, pas de stress et pas de facebook pendant 2 mois !


Tu te lèves le matin, tu fais ton sac et tu pars marcher
 la belle vie quoi. . .