mercredi 8 mars 2017

4 jours en famille autour de la pointe des Cerces.


Ça commence à devenir une habitude ces dernières années, chaque raid à ski organisé est modifié quelques jours avant. Après la traversée de Belledonne terminée dans le Mercantour, les Pyrénées déplacés autour du Viso, il y eu le Valgaudemar à la place du Grand Paradis.
Bref, on commence à être des champions de la ré-organisation de dernière minute et l'avantage c'est qu'on a plein de raids déjà prêts.

Cette année, on avait prévu un raid de 4 jours dans le Beaufortain. Comme d'habitude, c'est la météo qui a le dernier mot. On va donc profiter du soleil qui sera plus généreux dans les Cerces.

Départ lundi matin du Pont de l'Alpe, histoire de pas user nos peaux sur le monstrueux plat de la vallée de Névache (12km !!).



On quitte la Guisane au col du Charbonnet nord. Première surprise sur les conditions.



Alors que c'est déjà le printemps en Isère, ici il y a encore de la poudreuse. On va pas se plaindre.



Ça tombe bien, on a prévu des petites étapes, pour pouvoir changer d'orientation en cours de route.
Voir même faire une rallonge une fois arrivé au refuge.



C'est ce qu'on fait au dessus du refuge du Ricou. Au passage, le refuge d'hiver est ouvert (même quand l'autre refuge est gardé) et bien équipé, poêle, bois, gaz, vaisselle...

Le deuxième jour, on évite le col des tempêtes pour rejoindre le refuge des Drayères. Déjà fait et trop plat.



On remonte donc la rive droite de la vallée (ça tombe bien, la rive gauche est dans les nuages) sous les crêtes du Queyrellin.



Après un début de montée compliqué par le bottage et le brassage, on arrive sur la belle écharpe de neige qu'on voyait du Ricou.



La poudreuse est bien là et moi j'ai envie d'en profiter. Après un petit pique-nique, on fait les bons virages de la journée et on rentabilise notre trace de montée.



Bonne pioche, car la descente dans la combe du lac rouge est ventée, nuageuse et dans une neige irrégulière.

Le refuge des Drayères est gardé et bien plein. Les Cerces sont avec le Mercantour, les seuls massifs ou les refuges sont gardés en hiver.
Ça fait juste bizarre tout ce monde après une journée à 3 dans la montagne.



On a prévu pour le troisième jour une boucle au départ du refuge, histoire de skier léger. Les gardiennes nous conseillent Roche Château en boucle par le col de l'Aiguille Noire.



On peut monter jusqu'au sommet en skis et la vue est bien là. La Maurienne est bien moins enneigé que les Cerces.



Finalement la descente de la face ouest ne sera pas aussi bonne qu'annoncée.



Heureusement un petit A/R dans une face sud surplombant le pique-nique nous permet de profiter d'une bonne moquette.
Comme la veille, le meilleur passage du jour se situe dans une montée. Et comme la veille, on est pas pressé par une longue étape.



On peut donc profiter d'une poudreuse froide sous le col de l'aiguille noire. 1 descente, 2 descentes, 3 descentes... chacun en profite en fonction de sa forme et de sa rapidité dans les transitions. Mais attention à pas mettre les peaux n'importe comment, sinon ça colle plus.



Il n'y a plus qu'à se laisser glisser jusqu'au refuge des Drayères en profitant de la rive gauche bien revenue. Encore une belle journée au soleil avec une petite étape sur le papier mais rallongée de variantes pour aller chercher la bonne neige. Et avec la sensation d'avoir fait du bon ski.



Ils sont sympa au refuge, ils payent l'apéro aux pensionnaires hors-sac !!
Comme le refuge était plein et malgré le fait qu'on a réservé depuis plusieurs jours et qu'on paye la nuitée le prix que les autres. Les gardiennes se sont dit qu'on pourrait dormir sur des matelas dans la salle à manger vu qu'on était en hors-sac.
On apprécie le geste et l'esprit. Mais bien crevé, on avait pas vraiment envie de se coucher avec les derniers et d'être réveillé par les premiers.
Finalement, en insistant, on arrive à tous dormir dans un lit ou sur un matelas par terre dans un dortoir mais on est un peu déçu par la méthode. Une sorte de surbooking mais sans le champagne de la première classe, la nuit d’hôtel offerte ou les $$$.



Dernier jour, on recroise Seb et Mickaël sous la face nord de la pointe des Cerces.



 La qualité de la neige ne nous incite pas à faire le détour par ce beau sommet. En plus, tout le monde commence à accuser les 5 ou 6 jours de ski consécutifs.



Après un dernier pique-nique panoramique face aux Ecrins au col de la Ponsonnière, on termine en douceur sur de la neige transformée en face sud jusqu'à la voiture.



En évitant certaines sections bien plates, les Cerces se prêtent bien au raid à ski. C'est bien équipé en gites et en refuges gardés en hiver. Et les possibilités sont nombreuses pour skier de la bonne neige. Bref, faut y aller !




vendredi 3 mars 2017

On a trouvé la poudreuse autour du Pic du Frêne


Ça fait un moment que je l'avais noté ce tour du Pic du Frêne. Après une semaine de boulot plutôt pluvieuse et avant un week-end de tempête, il y avait un petit créneau pour nous. Ne pas en profiter, impliquerait d'aller grimper à Espace Vertical un samedi pluvieux. C'est comme Espace Comboire, si on peut éviter...



Bonne nouvelle, l'éclaircie est bien là mais petite déception ce matin, il a plu super haut. Du coup après avoir commencé la journée sur de la meringue marquée par le ruissellement de la pluie, on s'aperçoit que ça a purgé de partout et même au dessus de 2000. On continue mais en hypothéquant la qualité du ski.



Faut voir le positif, mieux vaut remonter à pied un couloir purgé, qu'à ski avec 40 de poudre. Remonter, j'ai dit.



Après le col du Gallochon, il reste encore une tirée jusqu'au Pas du Frêne.



Surtout avec un bottage de l'espace. Merci fréro pour la trace.



Bonne nouvelle pour notre première descente, il y a de la poudre et une belle ambiance plâtrée.



Avec un pique-nique et des peaux qui collent, ça va beaucoup mieux pour remonter à la Brèche du Frêne.



Vu sur le Veyton, l’Himalaya Belledonnien.



Deuxième bonne surprise du jour, le vallon du Bens (ça s'invente pas) est tout poudreux et à l'abri du vent.
Oublié les doutes du matin, on peut se lâcher et même rallonger un peu la boucle.
Serait-ce un hold-up ?

Le vallon de la Pierre nous ramène à la triste réalité des conditions du jour, coulées, neige humide et des vernes pour corser le tout.
Pas de photo, c'était vraiment pas beau à voir !!
Ambiance virage carré et jambes écartées...


Topo de cette belle boucle.









mardi 28 février 2017

Dent du Pra, versant SO en boucle.


On était parti avec les colocs pour skier de la moquette en face sud de la Dent du Pra. En route, on s'aperçoit qu'une petite couche de poudreuse fraîche va modifier nos plans.



C'est la magie du quartier, on peut rapidement changer d'orientation pour avoir de la bonne neige à la descente.



Après une pause très agréable au sommet avec un bon cake maison et sans vent.



On profitera donc de la neige froide du versant SO. Une chouette sortie avec les colocs.



Topo d'une petite boucle idéale pour arriver à l'heure au repas de famille en hiver ou pour faire la grasse en conditions de Printemps.




Prabert-Gleyzin, sortez les collants pour la 2ème étape de la traversée de Belledonne


Dimanche matin 7 heures, les lampadaires de Brignoud s’éteignent et le doute s’installe. C’est pas tous les jours qu’on commence une journée de ski de rando par du stop.
Heureusement 5 minutes plus tard, deux papys skieurs m’embarquent en direction de Prabert, point de départ d’une longue bambée.
Comme c’est un peu la décadence chez les potes (blessés, malades, pas dispos et même grasse mat’), j’en profite pour ressortir un vieux projet du placard.
Partir, avancer sans objectif fixé et skier jusqu’à plus soif.

On avait attaqué la traversée de Belledonne l’hiver dernier sur un week-end de Chamrousse à Prabert. Je reprends donc le fil rouge à Prabert avec plusieurs arrivées possibles : combe de la Belle Etoile, combe Madame ou plus si affinités.

Comme un signe du destin, je débute la journée à proximité de deux skieurs vêtus de collants et de carbone. Le rythme est donné, la journée va être longue.
Première bonne pause à la belle Etoile et rencontre avec Jean-Luc, skieur presque retraité, que j’aurai peut-être du suivre jusqu’au rocher Blanc. Ca papotte, l’ambiance est conviviale.
La montée au col du Mouchillon, pas si longue sur le papier est compliquée par de la distance, des creux, des bosses… et un peu de botage. Heureusement, on est rarement déçu par la poudreuse de la face nord.



Cette bonne section me motive à continuer espérant la même après le col d’Arguille.
Je me doutais bien que la montée au col allait être dur mais pas à ce point. Soyons réaliste, j’en chie. Alors que je galère au soleil dans cette neige déjà bien transformé, je me demande pourquoi j’ai pas suivi Jen-Luc. Pourquoi ? Parce que dès ce matin, l’objectif espéré, c’était Gleyzin. Sûrement un  peu énervé par le faux plan de l’ami a qui j’avais vendu une super rando poudreuse de 1300m de déniv’. Complètement abordable, en dessous j’ai rien en magasin.
 
Merci les collants, la trace est hyper raide et personne ne l’a refaite. Me voilà donc à rotir et obligé de tracer, dur…
C’est l’occasion de se rappeler quelques bambées mémorables, la descente de la Meije à la Grave après un bon brassage en face nord, le Couturier sans remontée…
Deuxième séchage de chaussettes au col et ouf’, ça fait du bien de manger. Alors que 80% des randonneurs sont au bistro ou sur la route du retour et que j’ai vu personne depuis plus d’une heure, je croise Mike qui termine un sacré tour, lui aussi.
J’avais pas son numéro mais c’est lui que j’aurai du appeler.
Malgré des bons passages la descente de l’ancien glacier d’Arguille n’est pas aussi bonne que celle du Mouchillon.

Heureusement la 5ème et dernière remontée au col de la Valloire passe plus facilement. Et tant mieux, par ce que je n’ai plus d’eau, ni de bouffe et je commence à être cramé. Yhhhaaaa, petit cri de joie en arrivant au col, c’est gagné !!!
Maintenant, y a plus qu’à se laisser glisser jusqu’à Gleyzin, ouf’…



Une journée bien remplie à l’image de la semaine qui vient de se terminer, 8 sorties de ski et 3400m de plus pour arriver autour des 15000m en 9 jours.
Il peut faire mauvais, je suis détendu pour un moment…




vendredi 24 février 2017

Le tour des 3 grands, ou comment j’ai fait péter le compteur à déniv sans pic nique !


-"Allo Amel, tu fais quoi demain ?"
-"Le couloir Est de la grande Moucherolle, tu sais la photo du topo Olizane !"
-"Laisse tomber, c'est trop sec! Viens avec nous, on va faire une grosse bambée en Belledonne dans les 2500"
-"Euh..... j'te rappelle" 



7h, on éteint la frontale, et c'est parti! Y'a des matins comme ça où tu sens que t'en as sous les spatules... et tu sens que ça va être un bon jour à déniv!
Montée jusqu'au verrou des Doménon sans trop traîner, à part pour discuter avec les iglooteurs. On retrouve Toz et le boss Jeroen qui me double à vitesse grand V. Direction la Grande Lance de Domène, 1er sommet du tour. Il fait déjà bien chaud, mais les 1700m sont passés comme une lettre à la Poste. Jeroen nous vend son tour: remontée col du bâton, descente lac du bois, remontée à la Grande Lauzière, descente au refuge de la Pra, et remontée au Grand Colon pour terminer dans l'entonnoir... euh... ça fait un peu beaucoup, non? Oh pis c'est pas tous les jours, il fait beau, c'est moquette, allez je signe!



Descente de la Grande Lance en moquette tip top. 


 
On enchaîne la remontée au col du bâton, 



et on découvre un vallon peu fréquenté, c'est aussi l'avantage des grands tours.



Encore de la moquette jusqu'au lac du Bois, 



et on repeaute jusqu'à la Grande Lauzière. 



Ça y est, nos deux machines, Simon et Jeroen se sont bien trouvés et il semblerait que le tour n'est pas assez long: "c'est en poudre et si on se faisait la face N de la Grande Lauzière??" Mais oui bien sûr!! Avec Toz, on va aller pic-niquer (enfin je vais lui piquer son pic nique parce qu'en plus on a oublié le casse croûte: le drame!!!).  Le temps d'étudier tous les sommets et de manger un bout, revoilà nos collants pipettes, le sourire au lèvres! 



 Allez descente de la Grande Lauzière... encore de la moquette? Génial !


 
Enfin, dernière remontée jusqu'au Grand Colon.



 Ah, là, je commence à avoir les jambes lourdes... mais comme dirait Jeroen, c'est dans la tête! (enfin ma tête est bien basse tout de même!). 3ème summit, et 3ème Yihaaa!!! Ah ça c'est une bonne journée! 



Dernière descente dans l'entonnoir, pas mal mais moquette pas vraiment décaillée, ah on commence à faire nos difficiles. Retour par la forêt moins pire que prévue et retour skis aux pieds... ouffffff... 



Arrivé à la voiture, Simon arrête le compteur à déniv' et comme un signe du destin, il est à 3000 pile après 10 heures de ski.
Hey les gars, pour moi, ça fait 2700, record battu, allez je vous paye un coup à la Gelinotte pour fêter ça !!




Compte rendu et addition : Amel



dimanche 19 février 2017

Le Piquet de Nantes, une vraie sortie de flemmard


Après la folle journée d'hier, on avait un cahier des charges assez précis. Une grasse mat', le temps d'aller faire quelques courses pour le raid de la semaine prochaine, pas loin, pas de portage, pas trop de déniv', ni de plat, du soleil et de la moquette. Et comme ils ont prévu beau, un sommet avec vue  !!



Le Piquet de Nantes répondait tout à fait à notre cahier des charges. Ça marche aussi après une grosse soirée, pour une aprem’ de libre en semaine, pour les flemmards…



Bah ouais, une face ouest avec ces condis printanières, ça se skie vers 15H.
 Et 860m de déniv’, ça prend pas la journée.
Ça tombe bien aujourd'hui, on n'a pas oublié le pique-nique.



Après quelques, virages en tôle sur le haut, la moquette est bien là.



 Un peu de pente et de la bonne neige, c'est parfait.



On skie pas comme ça, si on s'est levé trop tôt 😎
C'est pas tous les jours qu'on fait la grasse mat' et du bon ski.



topo mais attendez pas trop, ça fond !!!




vendredi 3 février 2017

7 heures d'Orgasme


Quand il tape "Orgasme" et "la Grave" dans Google, le 3ème résultat sur le téléphone de Loïc est: "J'ai eu un orgasme avec un autre, est ce que c'est grave ?"
Voilà comment se termine dans la rigolade une longue journée de cascade.



Vu comme on avait déroulé avec Pierre dans les Hémos, je m'inquiétais pas trop pour les 280 mètres de glace d'Orgasme. Comme d'hab', je m'étais un peu emballé.

Après un week-end bien rempli, la journée commence donc tranquillement au petit-dej' avec les colocs, qui eux vont bosser. C'est lundi, on pense être seuls en montagne. 
Que nenni, la France qui se lève tôt pour aller au boulot, c'est fini.



Il y a donc une cordée devant nous au pied de la cascade, ça ne rendra que l'orgasme plus long. Sauf si ils décident de nous envoyer des blocs de glace dans la courge.



Bonne nouvelle, ça parpine pas trop et on a même l'occasion de tailler le bout de gras au relais. L'ambiance est décontracte



L'avant dernière longtemps est justement l'occasion de se contracter un peu et de constater que mon entrainement en ski de fond n'est pas vraiment bénéfique pour ce passage en 4+.
Si je bossais un peu plus, je pourrais grimper en salle, mais je ne pourrais pas faire de la cascade en semaine. Alors on délaye et ça passe.

Allez, il reste encore les rappels, ça va finir de nuit les gars si vous êtes pas un peu plus efficaces dans les manips !!!



topo