mercredi 8 juillet 2020

Aiguille Purtscheller, arête Sud classique


Après un été bien monopolisé par l'escalade et un voyage en Jordanie assez intense, les chaussons étaient restés au placard depuis plus de six mois. Comme une envie d'autre chose...
Et puis, il fallait s'entraîner un minimum pour la GTA.



Du coup, pour notre reprise en escalade, on cherchait une voie pas trop dure, ni trop longue. Amel a déjà coché pas mal de courses dans le bouquin "Sommets du Mont-Blanc, les plus belles courses de Facile à Difficile". Mais il en restait une qui correspondait à nos critères, l'approche glaciaire, le beau granit et la vue en plus. L'arête Sud de l'Aiguille Purtscheller.
Sev' est motivée, on l'encorde avec nous.



Le refuge Albert 1er est complet, mais heureusement le télésiège nous soulage d'une partie de la montée. Avec le bivouac, le matos de glacier et d'escalade sur le dos, le sac approche les 20kg.
On n'était pas les seuls à avoir eu l'idée du bivouac, du coup tous les emplacements "corrects" sont déjà occupés. On fera donc chambre séparée ce soir !
Le coucher de soleil sur le Chardonnet pour conclure un dîner presque parfait.



Réveil à 4h. Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié que c'était ça aussi l'alpinisme...
On n'est pas les seuls sur le glacier. C'est dimanche, il fait grand beau, Welcome in Chamonix!



On n'est pas les seuls non plus à l'attaque de la voie. C'est pas grave, la course n'est pas trop longue. On se pose et on admire les 4000 Suisses. Attendre et profiter du paysage. Ce sera le thème de la journée.



Y'a du monde devant et parfois un peu juste au niveau en grosses, du coup ça guenille, ça couine et au final ça tire au clou.



Heureusement, l'arête est très jolie, jamais dure mais avec quelques pas pour pimenter l'escalade. Idéal quand on n'a pas de rési. On est content de retrouver la protogine, le fameux granit chamoniard orangé.



Bref, c'est une course idéale pour la reprise ou la découverte de l'escalade en terrain d'aventure dans un cadre dont on ne se lasse pas.



On a bien profité de cette journée en montagne en se disant, tranquille on a le temps, on est à Cham', c'est dimanche il fait beau... C'est sympa aussi la montagne à la cool. Jusqu'au moment où on s'est rendu compte qu'on allait peut-être louper la dernière benne.
S'en est suivi une descente au pas de course pour être les derniers avant le fermeture, en maudissant la personne qui avait dit à Adrien, "c'est bon, c'est facile, ça passe en grosses."
Et vu le poids du sac, on était bien content de pas se rajouter 400m de déniv' à descendre.



Les Anglais ayant déserté Chamonix, il y avait moins la queue au burger que sur l'arête. Une belle conclusion pour une belle journée.

 

topo





lundi 6 juillet 2020

La Grande Traversée des Alpes


 
Grenoble-La Grave, c'est le programme du 1er jour de la GTA, ce voyage de noce pas comme les autres. Grenoble-La Grave, tu te dis, première journée pas trop difficile mais pas super sexy.
C'était sans compter sur l'imagination de Marc, le marié et certains participants.
C'était donc la journée de la variante où chacun rajoutait sa petite idée pour éviter la route fréquentée du fond de vallée.



Petit passage secret pour monter sur le plateau de Jarrie, piste pourrie puis piste cyclable le long de la Romanche, balcon d'Auris et sa magnifique route à flanc de falaise, option Alpe d'Huez. Et la route de secours du Chambon pour un ultime détour sans voiture...



Voilà comment l'équipe M&M a fait 85km et 2000D+ au lieu des 1500 du fond de vallée.
Une première journée pas si facile. Heureusement, un bon vent dans le dos nous a aidés dans les sections plus fréquentées.



Deuxième jour, on rentre dans le vif du sujet. Aujourd'hui, le programme est assez chargé pour ne pas faire de détour.



Col du Lautaret, Col du Galibier, Col du Télégraphe (facile à la descente) et Col du Mont Cenis pour terminer la journée. Après un mois de juin fatigué, c'est la journée test pour voir si la forme est là.



Autant le Lautaret et le Galibier sont passés crème à la fraîche avec la vue sur les Écrins, autant la remontée de la Maurienne sous le cagnard en a fatigué plus d'un.



Même Medhi a arrêté de parler...
Une bonne glace à Lanslebourg et le groupe repart pour le Mont Cenis. De là, il ne reste plus qu'à redescendre jusqu'à Susa pour la pasta.


 
Enfin, c'est ce qu'on pensait. Et même avec la vue sur le lac du Mont Cenis, les dernières petites bosses se payent cher après 100km et 2800m de montée.


Les italiens nous ont bien régalés hier soir, mais comme d'habitude le petit dej' n'est pas vraiment adapté à une longue journée de vélo. Et ça tombe mal, parce qu'on a du boulot ce matin. Le colle delle Finestre, c'est l'ascension redoutée de la semaine. 18km pour 1700D+ une moyenne de 9% et les 8 derniers km non asphaltés. On peut ravoir du pain per favore ?



Après un petit km sur le plat, on attaque l'ascension pas super échauffé. Rapidement une section de 1,5km à 12% avec un pic à 14% se charge de faire monter la température. Heureusement, la suite est plus agréable. La route se rétrécit, le trafic devient anecdotique et elle serpent avec de nombreux lacets ombragés. La discussion évite de tomber dans la monotonie.



J'ai bien aimé les derniers kilomètres en piste, ça m'a rappelé des souvenirs du Maroc, les sacoches en moins. La vue se dégage, le col apparaît et c'est presque surpris qu'on arrive là-haut. 
La deuxième surprise, c'est un méga pique-nique organisé par Pauline et Clara à base de bons produits italiens.



La remontée à Sestrière le ventre trop plein et sous le cagnard me fait tirer la langue. Heureusement, une bonne pause gelati au sommet nous redonne des forces pour la dernière montée du jour, mais pas la plus belle, à Montgenèvre. 
Encore une sacrée journée jusqu'à la vieille ville de Briançon, 77km pour 2800D+



Ce matin, on retrouve le parcours plus classique de la route des Grandes Alpes avec le Col de l'Izoard pour commencer la journée. Sûrement le plus beau col de la GTA.



Le passage de la Casse Déserte et ses pinacles dressés au-dessus de grands pierriers est magnifique.



 Un petit vent de face dans les gorges du Guil, me fait découvrir les relais en vélo. C'est aussi efficace quand tu es derrière, que fatiguant quand tu es devant. Heureusement, un bon pique-nique à Guillestre remobilise les troupes pour le col de Vars. Sauf ceux qui ont trop mangé ou qui craignent la chaleur, ou les deux...
Le col de Vars, c'est un peu le col interminable, parce qu'une fois tous les villages de la station traversés, tu penses être arrivé. Et bah non, pas tout à fait...



Le versant Ubaye est plus sauvage et forcément plus beau. Ce soir, on dort à Barcelonnette après 100km et 2300D+. Encore une belle journée, où l'on a vu les ambiances changer.
C'est pas encore la Méditerranée mais ça sent déjà la Provence.

Bonette ou Cayolle ?
Les cœurs balancent, ce sera donc Bonette et Cayolle.
Le groupe se sépare en fonction des envies et de la forme. Pour Richard, Medhi et moi, ça sera la plus haute route d'Europe autour de la Cime de la Bonette. Après un démarrage en forêt à papoter, la deuxième partie de la montée se déroule dans des beaux alpages fleuris. Ça sent la montagne.



Comme le col de l'Iseran est 50 mètres plus haut que celui de la Bonette, il a été décidé de construire une route au-dessus du col qui fait le tour de la Cime de la Bonette. Cette rallonge est totalement inutile si ce n'est qu'elle dépasse l'Iseran de 40 mètres. Et qu'elle devient ainsi la plus haute route d'Europe...



Nous voilà donc en route pour le plus haut passage de la traversée.
1600D+ pour 24km. Une longue montée mais finalement pas si dure car jamais trop raide.
Bien content d'arriver là-haut. La revanche sur le trip vélo-grimpe en Ubaye est prise.



On arrive trop tard pour la boulangerie de St Etienne-de-Tinée, heureusement le resto nous prépare une bonne salade pour se requinquer. Et il en fallait de l'énergie pour essayer de rester dans la roue de Richard pour les 28km de faux plat descendant avec le vent de face. A cause de mon cintre droit et de mes épaules de grimpeur, il fallait rien lâcher pour profiter de l'aspiration sur ce trajet à 45km/h de moyenne. Après avoir tout donné pour ne pas décrocher, je ne suis pas frais pour attaquer la montée à Beuil, notre étape du soir. Un coup d’œil à la carte, 23km pour 1000m de montée, ça devrait passer en douceur. Sauf qu'il y avait un col non noté sur la carte au 50.000ème. Le célèbre col de la Couillole pour une montée plus haute, plus courte donc plus raide que prévue. Avant de redescendre sur Beuil...
Pour la première et dernière fois de la semaine, il m'a fallu serrer les dents pour arriver au sommet.
Heureusement après ces 110km et 2900D+, un dîner gargantuesque rassasie même les plus affamés.



Comme hier, les envies divergent pour cette ultime journée. Une dernière grosse étape à 2800D+ pour rejoindre Menton via la Colmiane et le col de Turini ou se laisser glisser jusqu'à Nice puis longer la côte jusqu'à Menton. Après la sacrée journée d'hier, on se dit qu'arriver en début d'aprèm et se baigner, ça fait envie et ça changera de notre rythme de la semaine où c'était plutôt arrivée vers 18h, douche apéro et à table. Ça arrange aussi Alexis et Gaëlle qui reprennent le train à Nice, Medhi qui veut rejoindre sa petite famille pour le dej', Richard, Steph et Isa qui ont envie de piquer une tête au plus vite.



Petit souvenir d'un précédent voyage à vélo en descendant les Gorges du Cians ce matin. Comme prévu, la route en fond de vallée du Var est fréquentée mais moins dangereuse qu'imaginée et bonne surprise, une voie verte de 20km nous amène presque jusqu'à la côte.
Bienvenue sur la promenade des Anglais, mais "c'est 90€ si vous roulez sur la partie réservée aux piétons" s'empresse de nous rappeler la maréchaussée. Ça tombe bien, on est descendu du vélo pour immortaliser notre arrivée à la mer !



Bravo à tous, on l'a fait.
Aller se baigner dans la Méditerranée en partant de la maison via la route des Grandes Alpes.
Une sacrée équipe, et un sacré voyage de noce pour un sacré couple de mariés !
Vive les mariés et vive le vélo!








Merci Julien pour les belles photos









jeudi 16 avril 2020

Haute-Ubaye, quand raid à ski et pandémie ne font pas bon ménage...


C'est pas tous les jours qu'on peut se reposer sur un copain pour écrire un bel article. Alors je vais pas me gêner...



Le récit par Rob de la semaine en Autriche, qui est passée par les Pyrénées pour finir amputée de moitié en Ubaye...







mercredi 26 février 2020

Deux Grandes Lauzières, ça fait mal au Colon


6h20, le réveil sonne. Pas de réaction...
6h28, le réveil re-sonne. Un snooze, ça passe, mais il y a comme un truc qui cloche.
Petit moment de flottement.
 Le rdv était pas prévu à 6h à Meylan ?
Voilà, il fallait bien que ça arrive un jour, j'ai mis le réveil une heure trop tard ! Et forcément, ça tombe le jour où on a prévu 2500 de déniv'. La loose.
Cette petite boulette me vaudra un jogging en guise d'échauffement pour rattraper le reste du groupe. On a fait plus progressif pour attaquer une longue journée...



Je les retrouve à la sortie de la forêt, pour chausser les skis et le test DVA.
Ouf, l'honneur est sauf.



Neige dure et à l'ombre, les ingrédients sont là pour une première montée efficace. Pour changer d'habitude, on fait la rallonge en début de journée. Plutôt que de basculer au plus vite dans le vallon de la Grande Vaudaine, nous commençons par monter une première fois au sommet de la Grande Lauzière. 



Ça skie du sommet pour basculer dans la face Sud. La moquette rend les premiers virages plus abordables. Plus bas c'est un festival de neige transformée sur 1000 m de dénivelé. Le vallon de la Grande Vaudaine se mérite. Difficile d'y accéder sans faire moins de 2000m à la journée. La récompense, c'est qu'il est vierge de traces, la neige est lisse et douce, ça skie fort.
"J'ai les jambes lourdes", nous dit Boris.
"T'aurais pas déjà un peu forcé hier par hasard" ?



A la question, couper au plus tôt ou descendre jusqu'au plat, je réponds: "descendons tant que c'est bon". Ce sera donc le replat pour un pique-nique léger. Mieux vaut ne pas être en mode digestion pour remonter les 1000m jusqu'au sommet de la Grande Lauzière. On pensait souffrir du chaud dans ce four naturel, c'est finalement le haut à l'ombre entre bottage et carrelage qui nous coûtera le plus d'énergie. Et nous voilà, pour la deuxième fois de la journée au sommet. L'occasion de finir le pique-nique.



 La combe Ouest est bien transformée mais les passages ont rendu la neige traffolée. Ça se skie bien mais rien à voir avec le billard de ce matin. 



Le groupe remet les peaux pour la dernière montée du jour. Arrivés au sommet du Grand Colon après 2800 mètres de déniv', Matthieu est content, il n'a plus la gueule de bois et moi, je sens le contrecoup de mon échauffement un peu précipité. 



Une belle équipe de vainqueurs !! 
En se mettant moins de bâtons dans les roues, la prochaine fois, c'est objectif 3000. J'ai quelques idées, avis aux amateurs.



C'est mon neuvième hiver à Grenoble et je pense avoir fait au moins une fois par saison cet entonnoir Ouest du Grand Colon pour terminer une journée de ski.
"Ça rajoute un peu de déniv' mais on peut descendre beaucoup plus bas, grâce à des pistes qui rendent la forêt plus skiante que par Pré Raymond" (l'itinéraire de montée). Voilà comment j'avais vendu ce détour qui ne m'avait jamais déçu. 

Jusqu'à aujourd'hui, 23 février d'un hiver qui n'en a que le nom. Finalement, on doit porter 300 mètres de déniv' comme ce matin.
Skis lights, approche en baskets, moquette tout l'hiver,  je ne sais pas si c'est ça le ski de rando version Global Warming, mais il va falloir revoir certaines habitudes.
Et peut-être pas que sur les choix de balades à skis...







dimanche 16 février 2020

Grand Renaud


Mais qu'est ce qu'on fout là ?
C'est la question que je me suis posé un certain nombre de fois pendant la première heure et demi de montée. Il y a des journées qui commencent bien. Et puis il y a aujourd'hui.



A peine l'autoroute quittée, nous voilà dans dans les bouchons. Accident, chassé-croisé des vacances de février, feu de régulation à Jarrie...
Alors on n'avait pas envie de mettre le réveil trop tôt ce matin ?

A peine les skis aux pieds, qu'il faut déchausser pour marcher dans un chemin plein de boue. 
Une petite traversée de rivière plus tard, on attaque pour de bon la montée bien raide en rive droite du ruisseau du Villard.



Et à peine la montée attaquée, qu'on se dit :
"Mais on était pas venu chercher la poudreuse dans ce vallon plein Nord en altitude ?
Et puis, le BRA, il était pas à 3 pour la journée d'hier ?
Pourquoi, il faut mettre les couteaux si on ne veut pas dévisser sur cette neige béton ?"

En résumé, mais qu'est ce qu'on fout là ? Quelle idée saugrenue que de vouloir skier de la poudreuse mi-février, alors qu'on pourrait remonter une belle face au soleil en attendant que la neige transforme...



 Finalement, nous aurons la réponse à notre question un peu plus haut.
D'abord un petit saupoudrage sur fond dur. Plus on monte et plus la quantité de neige fraîche augmente, jusqu'à ne plus sentir le fond dur.



Nous voilà maintenant sur la crête à quelques dizaines de mètres du sommet du Grand Renaud.
Le panorama est magnifique avec une perspective sur les massifs environnants différente de d'habitude.
Sous nos pieds, une belle pente vierge à 30-35° en poudreuse froide.



Tous les guenillages de la matinée sont oubliés et à cet instant, on sait ce qu'on fout là...
















 

mardi 11 février 2020

Les faces Sud du Queyras.


Quand tu me dis Queyras, je pense retour d'Est, mélézin et surtout poudreuse. Parfois beaucoup de poudreuse, parfois trop de poudreuse. Comme lors du camp GUM de l'hiver dernier où c'était compliqué de trouver des idées de sortie par risque 4 ou 5. 
Avec une telle quantité de neige fraîche, toute sortie hors forêt était inenvisageable, trop de pente signifiait danger, pas assez et tu restais scotché. Les cascades étaient noyées sous la poudre et même en ski de fond on brassait trop...

Bref, il y a moins de neige que l'an dernier mais on va pas s'en plaindre.
Pour ce premier jour, nous visons le Pic du Fond de Peynin en boucle par le col de Peyre Nière. Pour rejoindre ce dernier, la première pente est orientée au Sud. Et là, aïe, aïe, aïe... C'est pas terrible. Mélange de neige dure et zones de neige fraîche déposée par le vent. Bon, on garde le moral en se disant que ça sera meilleur sur l'autre versant. Nos espoirs de poudreuse s'envolent lors de la première descente en Nord dans le vallon de Rasis. Il y a quelques bons virages dans le milieu mais le tiers du haut a été travaillé par le vent et le bas a souffert du redoux...



C'est pas le genre de la maison, mais on traverse dès que possible pour ne pas descendre trop bas. Nous voilà donc au pique-nique avec un espoir de faire du bon ski proche de zéro. Mais le temps de croquer dans un sandwich, le petit voile qui nous accompagnait depuis ce matin se disloque tranquillement. Pendant que nous montons au Pic du Fond de Peynin, la neige a le temps de chauffer et la descente est agréable entre poudreuse dans les contre-pentes et moquette au soleil. C'est d'autant plus apprécié qu'on s'attendait à skier de la tôle.



Quand t'as besoin d'une idée de sortie, pas besoin de fouiller skitour pendant des heures, il suffit de demander à Toz. Alors pour demain, je voudrais une belle face Sud avec de la pente pour que ça transforme.



C'était marqué sur la porte de la chambre mais je ne connaissais pas. 
Le Bric Froid c'est le troisième sommet du Queyras à 3300m, 1300m de face, 4.1 avec un final de 150m à 40°.



Ça semble parfait, sauf que la face n'est pas très enneigée cette année et il y a un doute sur la deuxième étroiture. On tente malgré l'incertitude. Il suffit juste de convaincre François, le gérant du gîte (un peu beaucoup bourru) de se lever une heure plus tôt pour nous faire le petit dej' à 6h.



Nous ne regrettons pas notre choix. A la montée, la première étroiture passe à skis en zigzaguant entre les cailloux. Il fait bien chaud dans la face, alors pour se rafraîchir, il suffit de penser aux copains qui sont en cascade à Ceillac.


 
 On chausse les crampons au pied du deuxième verrou.



Passé 3000, le rythme ralentit mais nous arrivons tous les 6 au sommet à 3302m avec le sourire. Le Bric Froid, c'est le genre de sommet qui se voit de loin, forcément la vue est panoramique. 



Le temps d'un petit pique-nique et la face Sud est transfo à point. La meilleure neige sera dans la portion la plus raide (un petit couloir à 45°). Une moquette toute douce et la pente passe mieux.
Plus bas, un petit couloir nous permet d'éviter les cailloux de la première étroiture. Et il reste encore 700m de moquette jusqu'à la rivière, le groupe peut se lâcher mais aussi faire fumer les cuisses !



Un verre et une barquette de frites en terrasse à Abriès viennent clôturer cette belle journée.



Vendredi, je propose de monter au refuge Agnel en skating. Les motivés signent pour 7.5km de montée pour 500 de déniv'. Malgré une petite erreur de calcul, la team collant arrive au col Agnel après 12.5 km de montée et 750 de déniv'. Chacun son style, mais tout le monde s'est bien donné !!


 
Bravo à tous.
Comme hier, après l'effort, le réconfort est bien apprécié sur la terrasse du refuge Agnel.
Nous découvrons à la descente qu'on peut aussi faire chauffer les cuisses en ski de fond !!



Le soleil est de retour dimanche. Il y a un autre sommet qu'on voit de tout le Queyras, c'est le Pic de Rochebrune, deuxième sommet du massif. Une belle pyramide de neige et de rocher. Je serai bien tenté par le couloir SW du sommet Sud (tracé rouge), malheureusement météoparapente prévoit un vent de SW forcissant en fin de matinée. La ligne a l'air majeure, mais je n'ai pas bien envie de skier un couloir en 4.3 qui risque de ne pas décailler. Et je vais avoir du mal à trouver des motivés... 
Il va falloir se mettre à l'abri du vent si on veut skier de la moquette.



Skitour décrit le triangle SE de l'antécime SE comme "un très bel itinéraire où on évolue sur la fin du parcours dans un magnifique cirque de tours rocheuses et de falaises stratifiées, avec une belle pente régulière sur plus de 400m de dénivelé." 
Vu comme les versant Sud sont secs, j'avais bon espoir de pouvoir monter en voiture au hameau du Rouet. Mauvaise nouvelle la piste est sous la neige, on gagne 1 bon km de faux plat. Bonne nouvelle, la neige est là en continue après le premier virage et on chausse à 100 mètres de la voiture.
 J'ai comme l'impression d'avoir les oreilles qui sifflent sur la piste qui monte (doucement) à la bergerie de Péas. 
"Oui, on va pas dans le Queyras pour se taper la piste de Prabert..."
La vision du grand vallon de Péas, sans un skieur à l'horizon, met tout le monde d'accord. 
Le soleil vient nous réchauffer et on est bien content de découvrir le Queyras sauvage, même si ça se mérite.



Le triangle SE est maintenant visible, mais comme le Queyras sauvage se mérite, il faut faire la trace. Et le quatrième jour, ça ne se bouscule pas... C'est vrai que le cirque de tours rocheuses et de falaises stratifiées est magnifique. Le vent est léger, ce qui nous permet de pas crever de chaud et de ne pas se presser en prévision de la descente. Ça s'annonce bien ma foi.
On me dit dans l’oreillette qu'il ne fait pas assez chaud, que ça ne va pas transformer. Je dis: "C'est toujours la même qui râle ? Attends un peu, voir..."



 Grâce à une vieille trace, la montée finale passe bien à ski jusqu'à quelques dizaines de mètres sous le collu. Le groupe termine à pied jusqu'à l'antécime. Le sommet est étroit et le vent souffle fort, bref on ne s'attarde pas là-haut !!



Plutôt que de trainer au collu qui est bien ventilé, nous plongeons dans la face SE. Le topo annonce 4.1, 40° sur 50 mètres puis long 35°. La moquette un peu lourde en haut, s'améliore dans la deuxième moitié de la face. Ça skie en grandes courbes.



Aujourd'hui pas de terrasse alors la récompense sera les 500 derniers mètres de descente jusqu'à la rivière. Une neige parfaite, alternance de moquette et de poudreuse légère. On peut skier vite et fort. Comme l'impression de pouvoir s'exprimer.
Les plus belles courbes de ce début d'hiver.



Moyennant quelques déchaussages et poussées de bâtons, nous arrivons à proximité des Meyries où sont garées les voitures. Il fait chaud, les environs sont déneigés, ça sent le printemps. Normal, on est le 9 février... 



Merci à Sylvain pour l'orga et merci à François pour son accueil et sa bonne humeur de bon matin.
 Enfin que si le gîte de Ceillac ne veut pas de nous !!